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Alan Roura et La Fabrique mettent le cap sur le Vendée Globe 2020

17 mai 2017 | Edition N°1998

Voile – Le skipper genevois pourra compter sur le soutien de l’entreprise basée à Champagne ces quatre prochaines années pour retenter sa chance lors de la prochaine compétition autour du globe, avec de toutes autres ambitions.

Alan Roura (à dr.) et Cyril Cornu, responsable de La Fabrique : une affaire qui roule. ©Michel Duperrex

Alan Roura (à dr.) et Cyril Cornu, responsable de La Fabrique : une affaire qui roule.

Malgré le plus petit budget du dernier Vendée Globe, Alan Roura a réussi l’exploit de se classer de 12e. Une aventure en mer de plus de cent jours qui lui a beaucoup appris, il l’avoue lui-même, mais qui, par moments, n’a pas manqué de le frustrer : «Je savais que c’était le jeu, que je ne concourrais pas dans la même catégorie que les meilleurs. Néanmoins, il m’est arrivé de lâcher quelques injures en voyant les autres s’éloigner tout en sachant que je ne pouvais pas rivaliser.» Le skipper genevois n’a donc pas caché sa joie lorsqu’il a appris que La Frabrique, l’entreprise basée à Champagne, était prête à le suivre pour partir à la quête du prochain Vendée Globe, en 2020, tout en lui permettant d’être nettement plus compétitif que lors de sa première régate, une nécessité pour le jeune homme de 24 ans.

 

Rachat de «MACSF»

 

Premier point, et non des moindres : le navigateur a pu s’offrir un nouveau bateau, pour aller de pair avec ses nouvelles ambitions. «Super Bigou», qui lui a permis de boucler le Vendée Globe 2016-2017, est donc remplacé par «MACSF», une voile au palmarès impressionnant (2e du Vendée Globe en 2008 et 2e de la Route du Rhum 2010, notamment), qui appartenait au Français Bertrand de Broc. «C’est un bateau de 2007, explique Alan Roura. Le but est de le faire évoluer durant les quatre ans qui sont à notre disposition avant le départ du prochain Vendée Globe. C’est un soulagement d’avoir pu en acquérir un aussi rapidement. Même si ce n’est pas le plus puissant, cela va me permettre de le maîtriser à 100%.»

Si ce laps de temps peut sembler représenter une éternité, le programme du Genevois et de son équipe est déjà minutieusement calibré pour arriver au top en 2020. La Transat Jacques Vabre, à la fin de cette année, puis en 2019, la Route du Rhum entre les deux en 2018 : à peine les deux pieds de retour sur la terre ferme qu’Alan Roura n’a déjà plus que son prochain grand rendez- vous en tête. Lui qui avait pris l’habitude de tout faire seul, ou presque, sera, cette fois-ci, accompagné d’un team plus conséquent : «Plutôt que d’être à la fois chef d’entreprise, employé et tout ce qui va avec, on peut dire que je ne serais plus que chef d’entreprise.»

 

Un soutien indéfectible

 

Ce projet, le skipper ne pourrait le réaliser sans l’appui de La Frabrique, qui l’avait déjà soutenu lors de la course autour du monde qu’il a bouclée fin février. «C’est un soutien s’étalant sur les cinq prochaines années avec, en ligne de mire, une arrivée dans le top 5 ou 6 du prochain Vendée Globe, explique Cyril Cornu, responsable de l’entreprise nord-vaudoise. S’il ne ferait pas de sens de parler du montant du budget, tant celui- ci reste inconnu pour nous à l’heure actuelle, on garantit qu’Alan pourra aller au bout de son objectif. Mais, nos moyens n’étant pas infinis, l’idée est d’ouvrir le projet à d’autres partenaires. Et si quelqu’un arrive et pose 12 millions sur la table, on lui laisse volontiers gérer les choses à sa manière.» Main dans la main, l’histoire entre Alan Roura et La Fabrique s’annonce, en tout cas, passionnante.

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Florian Vaney