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«Ce voyage, c’était encore mieux que ce que j’avais imaginé»

28 novembre 2016 | Edition N°1880

Villars-Burquin – De retour de leur périple himalayen, Antoine Bodmer et sa famille racontent cette magnifique aventure dans une région du monde où subsistent des traditions bien vivantes, dans un décor naturel grandiose.

Antoine Bodmer contemplant la majestueuse chaîne de l’Himalaya. ©Patrick Genaine

Antoine Bodmer contemplant la majestueuse chaîne de l’Himalaya.

Antoine Bodmer, onze ans, caressait, depuis quelques temps déjà, un rêve : contempler au plus près les sommets majestueux de la chaîne himalayenne. Un vrai défi pour ce Tévenol souffrant d’un handicap physique qui lui permet, au mieux, de marcher sur de courtes distances. Grâce à l’aide de Patrick Genaine, fin connaisseur des hauteurs népalaises, et à la mobilisation des habitants de la commune nord-vaudoise (lire La Région Nord vaudois du 8 septembre), l’impensable s’est concrétisé lors des dernières vacances d’automne.

Le groupe ayant participé à l’expédition presque au complet. ©Carine Bodmer Wagner

Le groupe ayant participé à l’expédition presque au complet.

Réunis dans la cuisine du domicile familiale de Villars-Burquin, les membres de l’expédition passent en revue, sur une tablette, les quelque 350 photos conservées par Patrick Genaine, témoins d’un périple bien rempli. Neuf heures de vol ont été nécessaires pour rallier Katmandou, après une escale à Doha. La capitale du Népal a accueilli les voyageurs trois jours durant, lors desquels Antoine a eu l’occasion de découvrir le stupa de Bodnath, un sanctuaire alors encore en réfection suite au terrible tremblement de terre d’avril 2015. Le jeune Nord-Vaudois évoque aussi les singes du temple de Swayambhunath et les singuliers rituels de crémation à ciel ouvert, auxquels il est possible d’assister sur le site religieux hindou de Pashupatinath, au bord de la rivière sacrée Bhagmati. C’est également à cet endroit qu’Antoine Bodmer a pu poser avec les sadhus, des «hommes saints vivants de la mendicité», pour reprendre la définition de sa mère, Carine Bodmer Wagner. Les visiteurs de l’Occident sont également allés rencontrer un vieux médecin tibétain dans son antre, où tous les médicaments sont réalisés par ses soins.

Un parterre de journalistes les attendait ensuite à Pokhara, au sortir de l’avion. «Gajendra, le journaliste qui nous a accompagné depuis Katmandou, était le premier Népalais paraplégique à se rendre au pied de l’Himalaya», explique Patrick Genaine. L’équipe, renforcée par les cinq porteurs népalais, s’est déplacée en jeep jusqu’à la fin de la voie carrossable. La poursuite de la route à pied jusqu’au village de Ghurjung n’a pas été exempte de péripéties. «Nous avions commandé quatre paniers pour le transport d’Antoine et Gajendra, afin d’en avoir de réserve. Ils ne nous en ont apporté que deux, qu’il a constamment fallu rafistoler et auxquels il a été nécessaire d’ajouter un support pour les pieds», observe, amusé, Patrick Genaine.

Des voyageurs inhabituels

Un panier avait été conçu spécialement pour transporter Antoine. ©Claude Bodmer

Un panier avait été conçu spécialement pour transporter Antoine.

Le convoi copieusement chargé, avec, notamment, la valise rigide contenant le matériel d’un caméraman belge aussi de la partie et les deux chaises roulantes, ne passait pas inaperçu aux yeux des autochtones, qui ont réservé, à Ghurjung, un accueil en grande pompe à leurs hôtes. «Des katas -des écharpes en soie de bienvenue- et des colliers d’oeillets d’Inde nous ont été offerts», commente Patrick Genaine, qui vient en aide, depuis quatorze ans, à une famille de paysans locaux frappés par l’assassinat d’une de leurs filles, par le biais de son association (www.bipana.ch). La puja, un rituel d’offrande organisé autour du monument funéraire de la défunte, restera, d’ailleurs, un souvenir marquant pour Antoine et sa famille.

Ce voyage a donné lieu à de beaux moments de partage. ©Patrick Genaine

Ce voyage a donné lieu à de beaux moments de partage.

Tous les participants à cette belle aventure humaine ont été sensibles à la gentillesse des locaux, la richesse de leurs traditions et à la ferveur religieuse qui rythme leur quotidien. Après cinq jours passés dans le village situé au pied de l’Annapurna sud, les touristes nord-vaudois sont retournés à Katmandou, non sans avoir fait un passage par Ghandruk, la capitale de l’ethnie gurung, et dormi deux nuits à Pokhara. Dans la capitale népalaise, Tihar, la fête des lumières, sa musique et ses danses, leur réservait une dernière surprise avant le retour sous nos latitudes.

«Ce voyage, c’était encore mieux que ce que j’avais imaginé. Les gens étaient adorables et les paysages magnifiques. C’était un dépaysement total», affirme Antoine Bodmer.

Un film, dont la date de projection n’est pas encore connue, permettra aux habitants de Tévenon de partager cette expérience hors du commun. En attendant, une séance de diapositives de l’expédition leur est proposée samedi 21 janvier à 17h à la grande salle de Villars-Burquin. Une autre suivra à l’Hôtel de Ville de Baulmes, samedi 4 février à 17h30.

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Ludovic Pillonel