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Comme des gamins dans le sable du Touquet

1 février 2013

Sports mécaniques – Des centaines de pilotes envahiront, en moto ou en quad, les plages du Pas-de-Calais ce week-end. Des régionaux seront de la partie pour la première fois. Ils racontent le mythe en se réjouissant d’y toucher.

A l’Enduropale du Touquet, ce sont plus de 2000 pilotes qui vont se mesurer.

«Cette course, je la regardais en direct à la télévision. J’étais impressionné par tout ce monde, dans le sable; jamais je n’aurais pensé pouvoir y participer!» Pourtant, à 14 ans, Mathieu Simon (Yvonand) comptera parmi les 2200 pilotes de moto et de quad attendus sur les plages du Pas-de-Calais, ce week-end, à l’occasion de la huitième édition de l’Enduropale du Touquet, que les organisateurs décrivent comme la plus grande course de moto du monde.

Depuis la fin de la saison de motocross, le jeune Tapa-Sabllia se prépare pour cette épreuve d’endurance qui se déroule sur le sable et sur 1h30 pour les jeunes (3h pour les adultes). «J’ai fait beaucoup de physique: du fitness, de la course à pied, du vélo. Quatre ou cinq fois par semaine, environ», raconte-t-il. Il est en route et, au bout du fil, son excitation est palpable. Mais il ne sera pas le seul Nord-Vaudois au départ de la course et, si les autres affichent des palmarès déjà plus étoffés, ils ne sont pas moins impatiens d’y être.

Chaud au coeur

«J’ai toujours eu envie d’y aller. J’y étais comme spectateur ces deux dernières années; voir tous ces pilotes rouler en même temps, ça fait chaud au coeur!» A 35 ans, Nicolas Charlier (Yverdon) n’en est pourtant pas à ses premières émotions en piste. Ce Français, établi dans le Nord vaudois depuis 2006, a derrière lui une carrière professionnelle en Championnat du monde de motocross et, entre autres faits d’armes, un titre de champion suisse en 2002.

«Je me suis un peu entraîné, mais pas autant qu’il l’aurait fallu, explique-t-il. Physiquement, le sable ne permet pas le moindre relâchement.» Et aujourd’hui, Nicolas Charlier n’entretient plus la même forme qu’à l’époque où il bataillait parmi l’élite mondiale, même s’il continue de participer au championnat Angora. Pour autant, la passion du cross l’anime toujours et c’est pour cela qu’il sera au Touquet, attiré par l’éclectisme de la concurrence: «Il y a des top-pilotes, à l’image de Steve Ramon (deux fois champion du monde, ndlr) cette année, comme des mecs dont on dirait qu’ils n’ont jamais fait de moto (rires). C’est aussi ça le charme de l’épreuve!»

Pour le Fribourgeois Grégory Wicht, licencié au MCC Combremonts, sa première participation à l’Enduropale du Touquet aura une saveur encore plus particulière: il s’agira de sa première course depuis la blessure, au printemps dernier, qui l’a privé de saison 2012 et l’a empêché de défendre les titres de champion suisse décrochés les deux années précédentes. «J’ai passé cinq mois sans rouler et je ne voulais pas recommencer par le supercross, une spécialité où le risque de blessure est élevé. Mais il me fallait tout de même un objectif pour l’hiver», explique-t-il.

Impact médiatique

Comme les autres, Le Touquet a commencé à le faire saliver par procuration, devant son poste de télévision: «Dans le milieu du cross, c’est la course la plus médiatisée qui soit, la seule qu’on peut suivre en direct. L’année dernière, je l’ai regardée et je me suis dit il faut que j’y aille

Que leur carrière de crossman soit une question d’avenir, de présent ou de passé récent, les pilotes de la région sont tous dans le même état d’esprit au moment d’entreprendre le trajet de près de 800 kilomètres qui sépare leur région du Touquet: ils se réjouissent comme des gamins.

 

En chiffres

2200. Le nombre de pilotes attendus (dont 1100 en moto, pour l’épreuve principale du dimanche).

250 000. Le nombre de spectateurs qui vont assister (gratuitement) aux courses.

16,8. En kilomètres, la longueur du parcours. La ligne droite du départ s’étend déjà sur 3 km!

Lionel Pittet