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De la Corse aux chœurs nord-vaudois

27 mars 2018 | Edition N°2214

Petru Casanova a quitté son île natale à l’âge de 17 ans pour vivre pleinement de sa passion pour la musique. Etudiant à la Haute Ecole de musique Genève-Neuchâtel, le Français est un musicien engagé qui œuvre aussi comme directeur de deux sociétés de chant de la région.

Un homme, dissimulé sous une capuche, se tient au milieu de la place Pestalozzi à Yverdon-les-Bains, alors que la pluie bat son plein. Cela fait huit ans que Petru Casanova, 25 ans, a laissé sa famille et ses amis en Corse mais il n’arrive toujours pas à s’habituer à cette météo maussade, lui qui était accoutumé au soleil et à la chaleur de son petit village de Pioggiola, situé au nord-ouest de la Corse.

Même s’il a décidé de quitter sa région natale pour tenter sa chance dans le monde de la musique, il reste fortement attaché à ses origines. «Je n’arrive pas à trouver de mots assez forts pour qualifier mon amour pour la Corse. C’est un sentiment qui est là», clame-t-il en portant sa main vers son cœur.

Sa passion pour la musique et pour son île, il la doit à sa famille et surtout à sa maman, Jeromine, membre du comité d’organisation du festival corse Cimbalata Academia, qui cherche à mettre en valeur les orgues des églises villageoises en organisant des concerts avec ces instruments. A l’âge de 15 ans, le jeune Petru commence tout naturellement à jouer de l’orgue, puis du piano. C’est le coup de foudre immédiat.

Pourtant, même si la musique fait partie intégrante de la tradition corse, le musicien sait qu’il doit partir à l’étranger s’il veut acquérir de l’expérience et avoir accès à des conservatoires plus réputés. «Mais pas trop loin de la Corse non plus», s’empresse d’ajouter celui qui rend visite à ses proches dès qu’il le peut.

Comme des joueurs de foot

Lorsqu’un de ses professeurs corses l’envoie, à l’âge de 17 ans, au Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris, il se lance dans cette aventure avec un grand optimisme. Mais l’expérience dans la capitale française ne sourit pas à Petru Casanova. «Ce n’était pas évident. Lors des concours d’entrée, le jury juge en quelques minutes un travail de plus de six mois.» De Paris, le pianiste passe alors à la Haute Ecole de musique de Genève-Neuchâtel, toujours grâce à des enseignants et à leur réseau de contacts. «C’est comme pour les transferts de joueurs en football», compare-t-il, en plaisantant.

Découverte du Nord vaudois

En 2015, Petru Casanova devient directeur de la société de musique L’Union de Cornaux, dans le canton de Neuchâtel. Un an plus tard, il rejoint Chor’hom à Montagny-près-Yverdon et commence à faire parler de lui dans le Nord vaudois.

L’automne dernier, alors que La Concorde de Champagne cherche un nouveau directeur, son président Eric Guilloud pense directement au jeune Corse. «Nous avions discuté ensemble lors d’une soirée, j’avais dit que j’étais intéressé mais sans donner de confirmation. J’ai reçu un appel peu de temps après qui m’annonçait que j’étais engagé. J’étais surpris, mais ça m’a vraiment fait plaisir», affirme celui qui suit un master en pédagogie musicale à Neuchâtel et envisage de devenir professeur de musique dans sa région natale, en France.

Mais pour l’heure, Petru Casanova est un musicien engagé en Suisse. En tant que président de l’Association des étudiants de l’antenne neuchâteloise de la Haute Ecole de musique, il se bat pour éviter la fermeture de cette institution académique.

 

Gianluca Agosta