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Des danseurs racontent le chemin de l’exil sur scène

19 septembre 2018 | Edition N°2333

La chorégraphe Cendrine Cabrera-Joseph a présenté sa nouvelle création sur le thème de la migration, le week-end dernier au Théâtre Benno Besson. Près de 200 élèves de l’école Espace-Danse y ont participé.

Un regard tourné en direction d’une terre brûlée. Telle est la première image qui saisit le spectateur de Partir…, une création chorégraphique proposée par Cendrine Cabrera-Joseph au Théâtre Benno Besson, le week-end dernier. Avec ses 200 élèves, la directrice artistique de l’école Espace-Danse à Yverdon-les-Bains s’est intéressée au thème de la migration et plus particulièrement à l’exil.

Le récit s’articule autour des souvenirs d’enfance d’Omar, obligé de partir sur les routes avec sa famille. Ainsi, les migrants défilent en emportant avec eux leurs valises, seuls objets contenant les vestiges d’une vie de souffrance. La voix d’Omar, devenu adulte, résonne en toile de fond. Les vidéos qui accompagnent les chorégraphies ont été réalisées par Alain Margot.

“La tempête” est l’un des tableaux les plus marquants du spectacle. © Michel Duperrex

Un lien parfois ténu

«J’ai toujours réalisé des spectacles féeriques, voire oniriques, confie Cendrine Cabrera-Joseph. Mais cette fois, j’avais envie de proposer quelque chose de plus réaliste. Même si l’histoire est édulcorée, je voulais parler du déchirement de devoir quitter son pays.» Et d’ajouter: «La danse est, selon moi, suffisamment expressive pour capter la sensibilité du spectateur.»

Les premières scènes sont bouleversantes de sincérité et d’émotion, comme Les migrants ou Les doudous. Par la suite, le lien entre certains tableaux et la thématique de l’exil se révèle parfois très ténu.

Les chorégraphies sont bien réalisées par les élèves, qui ont eu à cœur de présenter un spectacle touchant et humain. Certains passages ont d’ailleurs ému plusieurs migrants de l’association Paires venus assister à la répétition générale, jeudi dernier, avec des accompagnateurs. Enfin, il fallait oser aborder une thématique aussi sensible et déchirante que celle-ci.

Valérie Beauverd