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Des millions pour les poissons

10 avril 2019 | Edition N°2475

Sept installations hydroélectriques sur l’Orbe et la Jougnenaz doivent être assainies pour permettre aux truites de circuler.

L’état ne rigole pas avec la migration des poissons! à la suite de modifications de la loi sur la protection des eaux et de la loi fédérale sur la pêche, tous les hydroélectriciens de Suisse sont tenus de s’assurer que la faune n’est pas prétéritée par leurs installations.

Dans la région, la Direction générale de l’environnement soumet à l’enquête publique, jusqu’au 18 avril, l’assainissement de sept installations hydroélectriques situées sur l’Orbe et sur la Jougnenaz. Trois d’entre elles sont propriétés de VO énergies, à savoir celles du Chalet, sur l’Orbe, et celles du Creux et du Pontet, sur La Jougnenaz. Les Usines métallurgiques de Vallorbe devront faire de même dans la Cité du fer. Les trois restantes sont exploitées par Romande énergie à La Dernier, Le Day-Les Clées et à Montcherand, toutes sur l’Orbe. Les communes de l’Abbaye, du Lieu, de Vallorbe, de Ballaigues, des Clées, de Montcherand, d’Orbe et d’Agiez sont concernées par ces travaux. Ceux-ci visent à protéger les poissons, les castors et autres animaux vivant en bordure ou dans le cours d’eau.

Permettre la migration piscicole

Trois différents types de réalisations devront être mis aux normes. Tout d’abord, il est nécessaire de modifier le mode de fonctionnement en éclusées. Sous ce terme se cache l’arrivée brutale d’un grand volume d’eau lorsque les électriciens ouvrent les vannes. Ils doivent aussi s’assurer que le transport de sédiments ne nuit pas aux poissons. Enfin, il est nécessaire de tout mettre en œuvre pour que la migration piscicole puisse se dérouler sans perte. Il s’agira d’installer des échelles à poissons et des vannes de fond sur les barrages pour permettre le charriage des sédiments. Le mode d’exploitation des centrales devra aussi être modifié de manière à éviter de volumineux et subits mouvements d’eau. Le barrage de la Jougnenaz n’est pas concerné, puisqu’il est dénué d’éclusée.

Les électriciens doivent désormais fournir au Canton une étude qui lui permettra de procéder à une pesée des intérêts en rapport avec les coûts. Car plutôt que d’investir des millions dans des travaux, les exploitants de centrales hydroélectriques préfèrent généralement payer pour repeupler les cours d’eau. «L’état se charge de rempoissonner les rivières et nous envoie ensuite la facture. Ces aménagements, s’ils devaient être exécutés, n’auront toutefois aucune incidence sur le prix au kilowatt car tout est subventionné», relève Pierre Rigoli, responsable de la production et de la distribution pour le compte de VO énergies.

Ces travaux, s’ils sont décidés, ne démarreront pas avant l’horizon 2023 à 2024 car, après cette première mise à l’enquête, d’autres formalités suivront avant le premier coup de pelle.

Dominique Suter