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En marche contre les bus

10 février 2020 | Edition N°2680

Un usager de Travys a mobilisé près de 400 personnes.
Il a déposé jeudi une pétition visant à rétablir les arrêts de bus supprimés par la fusion des lignes 605 et 606.

C’est avec le sentiment du devoir accompli que Denis Frenkel redescendait jeudi dernier de l’administration communale de la Cité thermale. «Voilà, c’est fait!», se réjouit l’Yverdonnois. Le pianiste est venu déposer en milieu de matinée une pétition avec près de 400 signatures pour concrétiser la grogne des usagers concernant la nouvelle ligne de bus urbain 606. «Au départ, on nous a présenté ces changements comme des améliorations du réseau de Travys. Mais en regardant le contenu, j’ai vu que c’était plutôt une réorganisation des lignes», rappelle le père de famille. Et effectivement, la modification de l’horaire prévoyait une fusion du tracé 605 avec la nouvelle ligne 606, afin de relier le nouveau collège des Rives à la gare. Effet secondaire de la manœuvre: quatre haltes de bus ont été supprimées. «Quand j’ai vu que mon arrêt vers Leclanché allait disparaître et qu’au lieu de mettre cinq minutes pour rejoindre la gare, il m’en faudrait vingt, ça m’a agacé, raconte gentiment Denis Frenkel. Cela a été un de ces moments dans la vie où le sang ne fait qu’un tour. Je me suis mis derrière mon ordinateur pour écrire un texte.»

Le pianiste a alors approché un maximum de monde pour trouver un appui à sa démarche et récolter quelque 400 paraphes. «Au début, j’ai ressenti une petite déception parce que sur l’échelle d’une ville ce n’est pas beaucoup, reconnaît-il. Mais sur celle d’un quartier, c’est énorme. Donc au final, je suis content.»

Mais pour la Ville, l’intérêt n’est pas de prétériter les usagers, il s’agit plutôt de ménager la chèvre et le chou en respectant un budget. «J’entends bien ces contraintes, mais pour le citoyen que je suis, cela ressemble plus à du bricolage», conclut Denis Frenkel. Il avoue avoir essayé plusieurs alternatives pour parer à ce changement stratégique, comme la marche, le taxi et le CarPostal, mais en vain. «En réalité, je prends plus souvent ma voiture, confie-t-il. En matière, de transports publics, pour moi, on ne peut pas régresser.»

Pourtant l’homme se réjouit de pouvoir en débattre avec les autorités: «Je sais que je vais pouvoir discuter avec la Ville, parce qu’elle a dit lors de la dernière séance d’information qu’elle était ouverte à la discussion. Et je m’en réjouis. Mais je me sens plus fort d’y aller à 400 que seul.»

Christelle Maillard