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Ils se démènent au quotidien pour assurer la glisse

22 janvier 2019 | Edition N°2419

Chaque hiver, si les températures le permettent, de jeunes bénévoles s’activent pour gérer la patinoire naturelle du village. La Région Nord vaudois est allée à la rencontre de cette équipe motivée, samedi dernier.

Les rayons du soleil brillent sur la glace, ce samedi matin. Avec ses patins et sa canne de hockey, James Leuba zigzague sur cette étendue de 2500 m2, située au bas de la Combe de L’Auberson. «Quand je suis arrivé, ce matin, il faisait -18 degrés», assure le jeune homme âgé de 24 ans. Le froid mordant ne l’a pas empêché d’ouvrir la patinoire naturelle du village. Avec plusieurs jeunes bénévoles, il s’active chaque hiver pour faire de cet étang gelé un lieu convivial et ouvert à tous.

Gamin déjà, il parcourait la surface glacée avec son frère Denis et d’autres enfants du Balcon du Jura. «C’est un loisir qui se transmet de génération en génération. Et nos parents faisaient partie du club de hockey», poursuit James Leuba, qui travaille comme installateur sanitaire et ferblantier au village. «Après l’école, on récupérait vite nos patins à la maison et on se précipitait sur la glace», renchérit son ami Jérémy Montandon, qui a rejoint l’équipe de bénévoles cette année.

Si la Commune de Sainte-Croix finance les installations de cette patinoire en plein air, les jeunes du village, quant à eux, sont responsables de la gestion du site, de la location des patins et de la vente des boissons. «C’est certain, on ne compte pas nos heures, remarque Denis Leuba, âgé de 21 ans. Il y a trois ans, on a ouvert la patinoire durant 39 jours non-stop, on était totalement crevés, mais c’était génial!»

Au jet d’eau

Alors qu’on observe ces jeunes  glisser sur la glace, on se demande quelle est la particularité de cette patinoire naturelle, hormis le fait qu’elle soit à l’extérieur? «Contrairement à une patinoire artificielle, sa surface est irrégulière», explique Denis Leuba. Selon lui, c’est ce qui fait son charme, mais cela ne plaît pas à tout le monde. «Un jour, des clients déçus ont exigé qu’on les rembourse parce que la glace ne leur convenait pas», raconte-t-il.

A L’Auberson, l’entretien de la surface se fait au jet d’eau depuis les années 1940. «Le soir, on déneige la zone patinée et on tire un tuyau. On asperge ensuite l’étendue pour obtenir une nouvelle couche de glace plus lisse. Parfois, on arrose la patinoire jusqu’à minuit», indique le jeune homme. Et d’ajouter: «C’est quand même mieux d’être ici qu’enfermé chez soi.»

La relève est assurée

La patinoire naturelle a connu ses heures de gloire dès la fin de la Seconde Guerre mondiale. En février 1947, des hockeyeurs parisiens ont d’ailleurs joué contre l’équipe locale.

S’il n’existe plus de club au village depuis plusieurs années, il n’en demeure pas moins qu’il faut assurer la relève. Cette année, les bénévoles de la patinoire ont recruté Arthur Tyrode, âgé de 14 ans, dans leur équipe. «C’est important de motiver les plus jeunes du village pour qu’ils perpétuent la tradition», conclut James Leuba, avant de rejoindre ses amis sur la glace pour un petit tournoi de hockey.

Valérie Beauverd