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«J’ai chanté l’hymne après mon premier sanglier»

28 août 2014

La Diana Vaud, l’association des chasseurs, fête ses cent ans samedi, à La Marive, à Yverdon. L’occasion d’une rencontre avec l’un de ses membres émérites dans le nord vaudois, «Morino» Salvi, d’onnens, qui jette un regard à la fois drôle et tendre sur le monde de la chasse.

Mauro «Morino» Salvi avec un chien courant et ses habits «sentant la forêt».

Mauro «Morino» Salvi avec un chien courant et ses habits «sentant la forêt».

Il connaît les forêts du Mont Aubert comme sa poche. Il y a travaillé, comme bûcheron, cueilli les champignons, et surtout chassé le gibier. Mauro «Morino» Salvi a commencé à chasser des oiseaux à l’âge de 16 ans, en Italie, sa patrie d’origine. Il n’a pas cessé depuis, excepté en 1963, occupé par la construction de sa maison à Concise (il vit actuellement à Onnens). Il a aujourd’hui 77 ans. A l’occasion du jubilé des cent ans de la Diana Vaud, à laquelle il est membre depuis 1962, au sein de la section Grandson-Mont Aubert, il nous raconte ses nombreuses années à traquer la faune du Nord vaudois.

«Morino» et ses collègues pratiquent la chasse à l’ancienne, avec des chiens courants et de la grenaille. «Avant, on chassait partout comme ça, raconte-il. C’était beau, on entendait des chiens dans tous les coins, on pouvait même reconnaître ceux des copains. Mais, maintenant, on est plus que deux ou trois équipes à chasser avec des courants dans le canton. Les jeunes, eux, restent à l’affût avec des carabines.» Sa technique à lui, c’est de garder ses habits de bûcheronnage pour la chasse «pour avoir l’odeur de la forêt. Avec ça, les animaux s’approchent sans me sentir».

Permis depuis 52 ans

En Suisse, le premier animal que Morino a tiré fut un lièvre, en 1962, après l’acquisition de son permis de chasse. Il en tirera dix-huit cette année-là. Depuis, il a chassé de tout : chamois, chevreuils, renards, blaireaux et surtout sangliers. La première fois qu’il en a tiré fut une épopée extraordinaire : «J’ai attendu dix ans, sans en voir un. Un jour de mauvais temps, tous mes copains sont partis à un enterrement. Je suis resté seul avec deux cartouches. Là, j’en ai vu un et, du coup, j’ai tiré mes deux coups. Je l’ai blessé. J’ai lancé mon fusil qui a atterri dans la neige (il le retrouvera quinze jours après). J’ai couru après la bête et je lui ai finalement sauté dessus. J’ai chanté l’hymne suisse, italien, alléluia ! » Il vendit ensuite le sanglier au bistro de Provence, pour 800 francs. Après une soirée de festivités en l’honneur de la bête, Mauro Salvi dut payer 50 francs supplémentaires, le sanglier n’ayant pas suffit à s’acquitter de l’addition !

Au fil des années, il a vu changer la chasse. A l’époque, il avait obtenu son permis après une journée, où seul le tir était testé. «On nous demandait rien sur les animaux. Maintenant, les jeunes mettent trois ans pour leur permis. C’est bien, mais peut-être un peu trop long.» Par le passé, il vendait les peaux de renards, au marché de Saint-Antoine dans le canton de Fribourg. «Une fois, j’en ai vendu huitante- huit, à 65 francs la pièce ! Mais maintenant, pour les renards, on ne fait plus qu’aller au clos d’équarrissage».

 

Programme du centenaire

Les festivité auront lieu samedi 30 août à la salle de la Marive, à Yverdon-les-Bains

8h30 – 09h
Accueil (croissants – café).

9h – 09h45
Messe de St-Hubert.

9h45 – 10h
Milices vaudoises.

10h – 10h40
Partie officielle (avec remise des chèques aux institutions).

10h40 – 11h30
Apéritif.

11h30 – 12h
Prise des places pour le repas.

12h – 12h45
Spectacle.

12h45 – 16h30
Repas.

16h30 – 17h30
Tombola.

17h30 – 19h
Moments de retrouvailles dans le «village de fête».

19h – 1h
Repas (divers plats aux frais des convives), animations, musique, bar.

1h
Prise de congé des derniers participants.

1h – 3h
Pour ceux qui veulent donner un coup de main : rangement de la salle.

Antoine Michel