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Le genou et la hanche entre de bonnes mains depuis 30 ans

26 août 2019 | Edition N°2567

Créé en 1989, Symbios a célébré son trentième anniversaire, vendredi. Leader dans la fabrication d’implants sur-mesure, l’entreprise emploie 130 employés sur son site, à Y-Parc.

Trente ans, c’est l’âge de raison ou du moins c’est celui qui a permis à l’entreprise Symbios, située au cœur du parc scientifique et technologique d’Yverdon-les-Bains, d’acquérir une renommée internationale grâce à ses prothèses sur-mesure. La société yverdonnoise a célébré cet anniversaire en présence de ses employés, de ses clients et de plusieurs personnalités politiques, vendredi dernier.

Fondée en 1989 par l’entrepreneur Jean Plé, le professeur Jean-Manuel Aubaniac et l’ingénieur Jacques Essinger, Symbios s’installe quatre ans plus tard dans le Nord vaudois. Son but? Reconstruire, à partir d’une imagerie scanner, l’os du patient et dessiner des prothèses de hanche adaptées à l’anatomie de chacun. En 2005, l’entreprise conçoit et produit sa première prothèse du genou. Selon Florent Plé, actuel directeur, 99,9% des implants sur le marché sont des produits standards.

En Europe, Symbios est présente en Suisse, en France, en Allemagne, en Autriche, en Italie et au Royaume-Uni. La société développe aussi ses affaires en Afrique du Nord et au Moyen-Orient. Aujourd’hui, l’entreprise compte 180 employés, dont 130 dans la deuxième ville du canton. «Nos vendeurs sont de vrais conseillers, assure Florent Plé. Ils doivent être présents dans les blocs opératoires pour accompagner les chirurgiens dans l’utilisation de nos produits.»

Avec le vieillissement de la population, de plus en plus de personnes souffrent d’arthrose, c’est-à-dire d’une usure dégénérative du cartilage. Au cours des trois dernières décennies, Symbios est devenu l’un des leaders européens dans l’arthroplastie – le remplacement de l’articulation – de la hanche et du genou. Ce type d’opération concerne principalement les personnes âgées de 65 ans et plus. «Nous remplaçons des articulations dégénérées et douloureuses afin de redonner de la mobilité et de la qualité de vie aux patients», poursuit le directeur. Cependant, Symbios ne souhaite pas se lancer dans d’autres domaines. «Plus on a d’articulations différentes, plus il faut de gammes de produits», poursuit-il. Il faut être capable de les financer et de les connaître. Ce sont d’autres techniques qu’on ne connaît pas.»

Maintenir l’entreprise dans la famille

Mais Symbios, c’est aussi une histoire familiale. À la suite du décès tragique de Jean Plé dans un crash aérien survenu en avril 2017 au Portugal, c’est son fils Florent qui a repris les rênes de l’entreprise. «Cela a été un traumatisme pour toute la société et d’autant plus pour moi, à titre personnel», confie Florent Plé qui a suivi une formation d’ingénieur et obtenu un Master in Business Administration.

L’homme âgé de 38 ans a travaillé dans une autre entreprise, avant de rejoindre Symbios en 2010. «Avec mon père, nous avions fait le choix que je le rejoigne afin de reprendre la société pour la maintenir au sein de la famille», révèle-t-il. Florent Plé a occupé plusieurs positions au sein de l’entreprise, principalement dans des fonctions de direction, de marketing et de commerce. En 2016, il devient directeur général adjoint et intègre le conseil d’administration. Aujourd’hui, il détient 100% des actions.

«Depuis 2017, j’ai poursuivi la stratégie qu’on avait codéfinie avec mon père. Mais petit à petit, je précise mes nouvelles orientations et prends mes propres décisions, tout en gardant la même ligne directrice.»

Ses objectifs pour les prochaines années? Proposer du sur-mesure industriel. «Le prix des prothèses est souvent un facteur discriminant, indique le jeune directeur. Dans le futur, nous aimerions vendre des produits sur-mesure au prix du standard.» Au cours des dernières années, Symbios a changé toute son usine, ses logiciels et ses processus pour être capable de délivrer des prothèses en très grande quantité, c’est-à-dire des dizaines de milliers par an. «On reçoit une commande et, cinq semaines plus tard, il faut dessiner l’implant, le produire, le nettoyer, le stériliser et le livrer au bloc opératoire afin qu’il soit implanté et ça, c’est compliqué à développer», explique Florent Plé. Et de conclure: «Une prothèse mieux adaptée au patient, c’est souvent un meilleur traitement.»

Valérie Beauverd