Logo

Le premier triathlon bouliste a séduit jusqu’à Marseille

29 juillet 2020 | Edition N°2762

Organisée par les sociétés de pétanque et de boule lyonnaise d’Yverdon-les-Bains, la manifestation a attiré une soixantaine de joueurs, le week-end dernier. Dont certains venus exprès depuis le sud de la France.

«Si on s’est levés tôt? Perso je ne me suis pas couché», s’esclaffe Marco. Le Français et ses trois amis, âgés de 19 à 22 ans, ont quitté Marseille à 5h du matin et roulé plus de sept heures pour participer au premier triathlon bouliste, samedi dernier, qui combinait pétanque, provençal et boule lyonnaise.

«L’un des organisateurs connaît mon père, et nous a demandé si on voulait venir passer le week-end en Suisse», explique Lucas. Les quatre compères, qui n’avaient jamais mis les pieds sur le territoire helvétique, ont sauté sur l’occasion. «Ça nous permet de découvrir de nouveau paysage et surtout un nouvel accent», se marre François.

Un plat de pâtes et ça repart

Près de 550 km et deux arrêts plus tard – un à la boulangerie et un à la douane, pour changer de l’argent et acheter la vignette – le petit groupe débarque au boulodrome d’Yverdon-les-Bains. Avec juste assez de temps à disposition pour avaler un plat de pâtes avant le début du tournoi.

Une entrée en matière qui s’est avérée quelque peu difficile, puisque les Marseillais, dont seuls deux sont des joueurs réguliers, se sont inclinés à la pétanque. «C’est une terrible désillusion», plaisante Enzo.

Le quatuor espérait cependant corriger le tir au provençal, leur discipline de prédilection et à la lyonnaise. «On n’y a jamais joué mais, avec un nom comme ça, on est obligés de gagner», lance Lucas, vêtu du maillot de l’Olympique de Marseille, grand rival du club de foot de Lyon. En attendant, le petit groupe a entamé l’apéro et est parti à la chasse aux bons plans pour sortir un samedi soir dans la région.

Une première nationale

Lui aussi d’origine française mais désormais établi près d’Avenches, l’ancien champion du monde de boules Patrick Alcaraz était également de la partie avec son épouse Nathalie, championne nationale en titre de tête à tête.

«Ce n’est pas évident de changer de discipline», relève le couple. Qui affirme ne pas se disputer en cas de défaite: «On est fâché contre soi-même, pas contre l’autre, précise Patrick, membre de l’Association Boule Yverdon-les-Bains. On rumine un peu…» «…juste une année», complète Nathalie en riant.

Malgré leurs palmarès impressionnants, tous deux admettent que le provençal, auquel ils jouaient pour la première fois, n’est pas si évident. «En fait, ça combine les difficultés de la pétanque et de la lyonnaise», relève Nathalie.

Lors du triathlon bouliste du week-end dernier, le jeu provençal était d’ailleurs proposé pour la première fois en compétition en Suisse. «L’idée était de montrer les trois disciplines reconnues par la fédération helvétique», indique Bertrand Hug, président de la Pétanque Yverdonnoise.

Rare sont cependant les gens qui les pratiquent les trois puisque, comme pour le triathlon «traditionnel», il faut en quelque sorte être un athlète complet.

Muriel Ambühl