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Le quotidien d’un jeune skieur

13 décembre 2013

Ski alpin – Débarqué dans l’univers du sport d’élite cet été, le Combier Yoan Golay fait ses armes du côté du Centre de performance de Brigue.

A pas encore 16 ans, Yoan Golay se mesure à des skieurs bien plus aguerris que lui sur le circuit national.

A pas encore 16 ans, Yoan Golay se mesure à des skieurs bien plus aguerris que lui sur le circuit national.

Patrick Kueng s’impose, Carlo Janka retrouve des sensations et c’est toute une nation qui se remet à nouveau à y croire, un peu, à l’approche des Jeux Olympiques. Aux étages inférieurs, ils sont des centaines à rêver de pouvoir, un jour, skier en Coupe du monde, comme leurs exemples.

Yoan Golay est de ceux-là. Le Combier a intégré cet été le Centre national de performance de Swiss Ski, à Brigue (il en existe deux autres à Engelberg et à Davos). Il y découvre un nouvel environnement, celui du sport-études, et surtout celui du sport d’élite. «L’internat, on n’a pas hâte d’y retourner chaque soir, dit-il. Par contre, il y a vraiment une bonne ambiance au sein du cadre.»

A pas encore 16 ans -il les fêtera tout bientôt-, le skieur de L’Orient, néophytes dans la catégorie, se frotte à des adversaires bien plus âgés que lui. Jusqu’à 21 ans. Avec ses camarades nés en 1997, il écume le circuit «citizen» et le national, plus relevé. «Les courses FIS sont plutôt réservées aux plus grands», explique- t-il.

Gagner sa place

Mais face à tant de skieurs plus aguerris, il n’est pas simple de se faire une place. Sur une centaine de participants, les plus jeunes sont habitués à occuper les trente derniers rangs. «Ce n’est pas toujours facile à digérer. Il faut se dire que dans quelques années, nous serons à leur place. Alors on compare beaucoup nos résultats avec les autres du même âge, raconte-t-il. Il faut faire ses points petit à petit. On vient d’arriver dans la catégorie.»

L’objectif est clair, passer la première saison et, donc, ne pas être éjecté au terme de celle-ci, tant la concurrence est rude. «Si j’y parviens, mentalement, j’aurai franchi à un gros obstacle.»

Petit gars costaud et plein d’énergie, Yoan Golay assimile son nouveau quotidien. De novembre à mars, les entraînements et les courses ont lieu principalement en semaine. Il peut ainsi régulièrement rentrer à la vallée de Joux le weekend. Pour faire un peu d’autres sports, pour étudier et, surtout, se reposer. «On voyage beaucoup. Ce sont de grosses semaines», affirme le jeune Combier.

A cet âge, les skieurs font principalement du slalom et du géant. Sans compter les éventuelles épreuves de vitesse, Yoan Golay a le droit de participer à 25 courses de l’hiver. Il en a aura cinq au compteur à la fin de la semaine. S’il a trouvé une solution pour se sentir vraiment bien dans ses chaussures -il avait des douleurs toute la saison passée-, il doit encore gagner en régularité pour exploiter au maximum son potentiel. Le même travail que les pros, en somme, mais à son niveau.

Manuel Gremion