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Le temps d’une journée, Bavois s’est mué en centre névralgique du canton

11 juin 2018 | Edition N°2264

L’Union des communes vaudoises (UCV) a tenu son assemblée générale dans le village, samedi. Près de 1700 représentants politiques venus de tout le canton se sont réunis pour évoquer, notamment, les finances malmenées des communes.

«La centralisation ronge le pouvoir décisionnel et assèche les finances des communes», a lancé Claudine Wyssa, présidente de l’Union des communes vaudoises (UCV), en ouverture de l’assemblée générale de l’association, samedi à Bavois. «Il y a une quinzaine d’années, les communes ont contribué substantiellement au retour du Canton à meilleure fortune grâce à l’augmentation de leur participation de 30 à 50% à la facture sociale. Vaud a retrouvé une place importante parmi les cantons suisses. Mais aujourd’hui, et ce depuis quelques années, la situation s’est retournée», a poursuivi celle qui est également syndique de Bussigny.   L’écart se creuse avec le Canton dont le bénéfice comptable s’est élevé à plus de 147 millions de francs en 2017.»

Contreparties exigées

Trois jours après que le Conseil d’Etat a annoncé plusieurs mesures pour réduire les impôts des personnes physiques en 2020, dont la diminution du coefficient cantonal d’impôt de 0,5 point, les communes ne baissent pas la garde. Se disant étranglées financièrement à quelques mois de l’entrée en vigueur, en 2019, de la RIE III (Loi sur la réforme de l’imposition des entreprises, projet fiscal 17), elles exigent une compensation de la part de l’Etat. Cette révision, qui prévoit notamment de rééquilibrer la situation entre les entreprises étrangères et suisses en faisant payer moins d’impôts aux sociétés indigènes, annonce une diminution drastique des rentrées fiscales dans les caisses communales. «Il convient de trouver un remède», a martelé Claudine Wyssa. Si le Conseil d’Etat a annoncé, la semaine dernière, qu’il était prêt à négocier avec les communes et à leur offrir des contreparties, il n’a rien «apporté de concret à ce stade», a souligné la présidente de l’UCV au nom des communes, qui craignent de ne pas être entendues dans leurs revendications.

Esprit d’ouverture

“Nous nous trouvons sans nul doute à un moment important de l’histoire des relations entre le Gouvernement cantonal et les communes, a réagi Nuria Gorrite, présidente du Conseil d’Etat vaudois, lors de son allocution, tout en appelant à un apaisement des esprits. Elle a certes reconnu que l’avènement de la RIE III, l’an prochain dans le canton de Vaud, aura des conséquences financières supérieures à ce qui avait été prévu initialement, mais a insisté sur le fait que ces incidences devraient être limitées à un an, le temps que le Projet fiscal 17 se mette en place.

«L’Etat jouit d’une situation financière favorable, c’est indéniable. Mais cela ne sort pas de nulle part, il y a eu des efforts, a poursuivi Nuria Gorrite. Cette situation suscite des demandes et mêmes des exigences qui vont dans des directions parfois diamétralement opposées.» Rappelant la position du Conseil d’Etat, qui a procédé à «des pesées d’intérêts et à un arbitrage net et cohérent», elle a défendu une «répartition correcte des efforts qui tienne compte des marges budgétaires existantes». Avant d’assurer les représentants communaux de la bonne volonté du Gouvernement: «Oui, nous souhaitons ouvrir une véritable négociation avec vous et nous sommes prêts à aller au-delà des montants exprimés jusqu’ici. Il nous importe de vous permettre de faire face à vos responsabilités sans étouffer vos contribuables.»

Aux petits oignons

Bavois a mis les petits plats dans les grands pour accueillir près de 1700 convives venus de tout le canton, samedi. Une cinquantaine de bénévoles du village était aux petits soins de ses hôtes. Durant une journée, la localité, qui compte 940 habitants d’ordinaire, a donc vu sa courbe démographique temporairement exploser.

Il faut dire que les organisateurs ont planché durant deux ans pour mettre sur pied cette manifestation, qui a associé toutes les sociétés de la commune et dont le budget dépassait le demi-million de francs. Pour prolonger la journée, tout le monde était convié à une fête au village, dès la fin de l’après-midi.

Caroline Gebhard