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L’EJD entre paradoxe et dilemme

7 février 2018 | Edition N°2180

L’Ecole Dégallier, qui débute le championnat de LNA samedi à Berne, organisera les playoffs en fin de saison. Sa jeune génération de combattants est-elle mûre pour terminer dans les quatre premiers et y participer? C’est toute la problématique qui se pose au club yverdonnois.

Frank Dégallier n’est pas le genre d’entraîneur à mettre une pression énorme sur le dos de ses judokas pour que ceux-ci se dévouent corps et âme à leur club. Le mentor de l’Ecole Dégallier connaît quasi tous ses combattants sur le bout des doigts et depuis de nombreuses années. L’EJD est un club formateur, ce qui veut dire que les résultats à court terme importent, mais sans doute un peu moins qu’au sein des grosses écuries qui s’offrent les services d’athlètes du top mondial. Sauf que le club yverdonnois se retrouve face à une situation inédite. Le genre de paradoxe qui peut poser problème.

Pousser ou préserver?

En clair, la grande majorité des membres de l’équipe militant en LNA ont entre 18 et 21 ans. La plupart sont prometteurs, certains ont même déjà confirmé leur potentiel -à l’image de Lionel Schwander, 3e des Jeux de la Francophonie l’an dernier-, mais le groupe arrivera véritablement à maturité dans les deux ou trois prochaines saisons. Sauf qu’une échéance à court terme pointe à l’horizon: les playoffs du championnat, dont l’organisation incombera à l’EJD. Pour obtenir son ticket, il faut figurer parmi les quatre meilleures formations (sur huit) à la fin de la saison régulière. «La dernière fois qu’on avait organisé ces finales, la salle était pleine à craquer. Et on ne participait même pas… Alors imaginez si on y prend part!», réagit Frank Dégallier, bien conscient du problème que cela peut représenter.

Le boss du club yverdonnois devra donc trouver le juste milieu entre pousser ses protégés pour atteindre ce qui constitue le gros objectif de l’exercice à venir, et les préserver pour les saisons suivantes, lors desquelles ils exploseront. Un exemple pour illustrer ce dilemme? «Quatre de mes athlètes ont pris leur billet pour le Paris Grand Slam (ndlr: une compétition avec les meilleurs judokas mondiaux), qui se tient ce week-end. Le souci, c’est qu’on reprend le championnat samedi, exactement en même temps. Je ne pouvais évidemment pas leur dire de revendre leur ticket, mais je leur ai bien fait comprendre que cela ne pouvait se produire qu’une seule fois si on entend parvenir à nos fins.»

Deux renforts français

L’EJD ne se rendra donc pas à Berne dans les meilleures conditions pour la reprise. «D’autant plus que ce n’est vraiment pas une équipe qui nous réussit», note le président du club nord-vaudois. Reste que le club de la capitale ne devrait pas jouer les têtes d’affiche, à l’inverse de Morges, Cortaillod, Brugg et Uster, qui lutteront à coup sûr avec l’Ecole Dégallier pour une place en playoffs.

Pour rivaliser, les Yverdonnois se sont attachés les services des deux Français Lucas Paulin et Adrian Geoffroy. Le premier habite Pontarlier et s’entraînera deux à trois fois par semaine à Yverdon avec le reste du groupe. Le second vient de Strasbourg et se contentera de rejoindre l’équipe les week-end de compétition. Deux recrues de grande qualité, selon leur nouvel entraîneur.

Le contingent de LNA

-60 kg: David Gauch (19 ans) et Cédric Gauch (18).

-66 kg: Lionel Schwander (20), Nicolas Jäggi (20) et Joachim Roth (20).

-73 kg: Julien Vollenweider (21) et Guillaume Favre (20).

-81 kg: Guillaume Pavé (21) et Vincent Perret (27).

-90 kg: Glen Monnard (31), Lucas Paulin (21) et Guillaume Greim (20).

-100 kg: Marko Virijevic (33) et Adrian Geoffroy (21).

Florian Vaney