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Les bons souvenirs de Singapour

17 janvier 2020 | Edition N°2664

Il y a dix ans, Romain Tanniger participait à la première édition des JOJ sur son vélo de BMX. Le Grandsonnois raconte.

C’est en voyant les athlètes venir manger à la célèbre «Banane», se mêlant aux étudiants de l’Université de Lausanne, que les souvenirs sont remontés. «Je me suis vu à Singapour, il y a dix ans, sur le campus où nous étions logés», lance Romain Tanniger. Le Grandsonnois avait pris part à la première édition des Jeux olympiques de la Jeunesse, dans sa version estivale, à Singapour. L’un des plus beaux souvenirs sportifs du pilote de BMX.

Supporter les Suisses

De l’eau a coulé sous les ponts. Les JOJ ont pris une nouvelle dimension. Le Bocan a désormais 26 ans et, s’il n’a pas encore interrompu sa carrière de sportif, il œuvre à présent également pour la relève en tant qu’entraîneur du club du Nord vaudois. Et en bon amateur de sport, il ira soutenir les jeunes hockeyeurs suisses ce week-end. «Je me suis déjà rendu au Flon, un soir, pour la cérémonie de remise des médailles. Il y avait la foule. À Singapour, les compétitions étaient aussi pleines à craquer, alors même que personne ne nous connaissait. On se rend compte à quel point le sport est vecteur d’émotions. De tels évènements, c’est génial. Tout le monde y trouve son intérêt, se sent concerné, ça rassemble, s’enthousiasme-t-il. C’est dommage pas qu’on n’ait pas droit à Sion 2026…»

Sur le circuit F1

En 2010, alors que les différentes disciplines du cyclisme avaient été réunies en une compétition multiple, le Nord-Vaudois avait été sélectionné comme spécialiste de bicross aux côtés d’un routier, d’un vététiste et d’une fille polyvalente. Le quatuor suisse avait notamment participé à la course sur route disputée sur le circuit de Formule 1 de la cité-état asiatique.

«Lors des sélections, on s’était retrouvés à un camp sur route et VTT. Une expérience assez drôle, car on avait même réalisé des sorties de cinq heures sur le vélo, alors que nous, en BMX, on pratique un sport explosif. On n’est pas faits pour ça. Mais comme on devait participer à la course en ligne, les entraîneurs voulaient voir comment on se débrouillait.»

Si d’autres nations ne s’étaient pas rendues à Singapour, ne sachant pas à quoi s’attendre, Romain Tanniger ne regrette pas une seconde que la Suisse ait franchi le pas. «C’était extraordinaire, fabuleux. Le village olympique, avec 3500 athlètes, était incroyable, s’émeut-il. Comme on avait couru en début de programme, j’avais profité des deux semaines sur place pour vivre à fond l’évènement et aller voir les compétitions. J’avais même suivi des conférences données par Usain Bolt et Yelena Isinbayeva. Le CIO ne fait pas les choses à moitié.» Aux athlètes de Lausanne 2020 de savourer: deux semaines, ça passe si vite.

 

Un pouce cassé et un diplôme

L’épreuve de BMX des Jeux olympiques de la Jeunesse de Singapour a laissé quelques traces à Romain Tanniger. Le Grandsonnois, qui s’était qualifié pour la finale, s’était cassé un pouce en chutant. Son doigt en porte d’ailleurs toujours les stigmates. «Le médecin voulait que je rentre en Suisse pour être soigné comme il faut, se souvient l’athlète. Mais j’avais serré les dents et refusé de m’en aller, car je voulais encore profiter de l’ambiance.»

Finalement classé 8e de la finale en BMX, Romain Tanniger et les cyclistes suisses avaient pris le 5e rang par équipes, une fois les points obtenus dans chaque discipline compilés. De quoi décrocher un diplôme collectif.

«Si les JOJ étaient évidemment une compétition, je n’y avais pas ressenti une énorme pression comme dans d’autres épreuves, se remémore-t-il encore. On y était avant tout pour représenter un pays et pour vivre et découvrir l’esprit olympique.» De quoi marquer une carrière.

Manuel Gremion