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Les éoliennes déchaînent les passions

17 juillet 2015

Juriens – La séance d’information concernant le projet porté par Energie Naturelle Mollendruz S.A. a été plutôt animée.

La séance d’information portant sur le projet du Mollendruz a attiré une foule aux avis divergents. © Michel Duperrex

La séance d’information portant sur le projet du Mollendruz a attiré une foule aux avis divergents.

L’éolien continue à faire des remous dans la région. C’est le constat qui s’impose à l’issue de la séance d’information organisée, mercredi soir, à la grande salle de Juriens, où une mise à l’enquête est en cours, au même titre qu’à La Praz et Mont-la-Ville, en lien avec le projet de la société Energie Naturelle Mollendruz S.A. (ENM). Outre ces trois communes, Vaulion, Yverdon-les-Bains et le service d’électricité de la ville de Zurich (ewz) sont les actionnaires de cette dernière.

Dans le délai le plus optimiste, douze éoliennes d’une hauteur de 190 à 210 mètres pourraient prendre place dans le paysage jurassien, entre le col du Mollendruz et Chalet Dernier, en 2018, pour une durée estimée à 20 à 25 ans. Certaines prises de position, lors des débats, semblent toutefois indiquer que la procédure ne se déroulera pas sans vents contraires. Parmi les reproches adressés aux porteurs du projet, les dates choisies pour l’organisation de cette séance, ainsi que la réalisation de la mise à l’enquête ont été pointées du doigt par plusieurs membres d’une l’assemblée bien fournie. «On a l’impression que vous avez fait le forcing pour éviter les oppositions», a, par exemple, commenté Jean-Michel Zellweger, de Juriens. René Spahr, le directeur de la société ENM, a rétorqué qu’il s’agissait d’un hasard du calendrier. «L’examen préalable des services cantonaux a duré plus de onze mois. Nous avons reçu leur feu vert le 23 juin dernier», a-t-il déclaré.

Le paysage au centre

Mais le principal sujet de discorde a été l’impact paysager. Selon plusieurs intervenants, les mâts modifieront sensiblement un magnifique panorama pour un résultat insuffisant -d’après les estimations, les douze éoliennes devraient couvrir les besoins en électricité annuels de l’équivalent de la moitié de la ville d’Yverdon-les-Bains.

Les initiants ont souligné la durée déterminée de ce changement et le fait que l’énergie éolienne est soutenu par le Canton, dans le cadre de son plan directeur, et la Confédération, par le biais de la stratégie énergétique 2050.

A la fin des débats, François Schaller, le président du comité de planification des parcs éoliens (COPEOL) a mis en évidence l’évolution du rapport au domaine de l’énergie en vigueur dans notre société. «Nous vivons une modification de notre relation avec les systèmes de production. Avant, il y avait de grosses centrales. Aujourd’hui, les énergies renouvelables se rapprochent des gens», a-t-il tenu à souligner, avant la verrée prévue pour clôturer cette soirée quelque peu agitée. A noter que la mise à l’enquête du Plan partiel d’affectation intercommunal «Parc éolien du Mollendruz» et la demande de défrichement y relative prend fin le 3 août.

Ludovic Pillonel