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Les héros ordinaires sèment les graines de demain

18 septembre 2018 | Edition N°2333

Yverdon-les-Bains – Le festival AlternatYv, qui veut sensibiliser la population aux enjeux écologiques, s’est déroulé le week-end dernier. Parmi les nombreuses activités, un court-métrage a fait salle comble à l’Aula Magna, samedi soir.

Cinzia Sigg (à g.) et Sandrine Rollinet (à dr.), de l’association Héros ordinaires, entourent Marylène Grzesiak, Erel Zannou et Sylvie Thonney, trois héroïnes qui figurent dans leur court-métrage projeté à l’Aula Magna samedi soir. ©Valérie Beauverd

Les petits gestes du quotidien pour protéger l’environnement ou pour créer du lien social peuvent avoir une saveur particulière: celle d’éveiller l’enthousiasme chez les autres. En s’inspirant du film Demain, réalisé par Cyril Dion et Mélanie Laurent, l’association Héros ordinaires a installé sa caméra au cœur de la Cité thermale pour filmer sept Yverdonnois qui s’investissent en faveur du développement durable.

Après avoir réalisé un court-métrage à Vevey en vue d’obtenir un brevet fédéral comme conseillères en environnement, Cinzia Sigg, Sylvie Dupraz et Sandrine Rollinet ont contacté l’Agenda 21 de la Ville d’Yverdon-les-Bains, qui les a soutenues. Le fruit de leur travail a été présenté samedi soir à l’Aula Magna du château, dans le cadre du festival AltenatYv.

Trois minutes chrono

«On oublie souvent que Monsieur et Madame tout le monde, peuvent être des héros ordinaires, car les bons gestes sont ici à portée de tous, affirme Sandrine Rollinet, l’une des membres de l’association. Pour ce projet, nous avons cherché des personnes qui véhiculent une image positive du développement durable. Nous avons sélectionné sept Yverdonnois, de sexe et d’âge différents, pour réaliser des portraits de trois minutes. L’idée, derrière cette démarche, c’était aussi de créer du lien social entre les gens.» «Nous avons fait des rencontres incroyables avec des personnes volontaires et touchantes», renchérit sa collègue Cinzia Sigg.

Parmi les protagonistes figure Sylvie Thonney, présidente de l’association Y-Repair Café. «A l’âge de la retraite, j’avais envie de réaliser quelque chose de concret en faveur de l’environnement et de lutter contre l’obsolescence programmée», raconte cette couturière de métier. La dynamique retraitée propose désormais ses services pour rafistoler des ourlets de pantalons et raccommoder des trous. Mais son association répare également des ordinateurs, des machines à café et d’autres appareils ménagers. «Grâce à l’équipe qui m’entoure, j’ai donné du sens à ma vie. D’ailleurs, on recherche de nouveaux réparateurs, si vous voulez vous lancer, c’est le moment!»

Quant à Marylène Grzesiak, elle a choisi d’opter pour le zéro déchet pour le bien-être de sa famille, il y a trois ans. «Avec la naissance de mes deux enfants, j’ai voulu réduire notre impact sur la planète, confie-t-elle. Quand on se lance dans un tel processus, il faut savoir prendre les choses petit à petit. On a d’abord appliqué ce mode de vie à la cuisine, puis à la salle de bains.» Aujourd’hui, la famille Grzesiak s’en sort avec une poubelle de seize litres qui dure trois semaines. Par ailleurs, la jeune maman reconnaît la chance qu’il y a, à Yverdon-les-Bains, d’être bien achalandé. «Je prends mes boîtes et mes bocaux lorsque je vais faire mes courses et les commerçants sont toujours enthousiastes sur le principe.»

Avec d’autres bénévoles, Erel Zannou a créé l’association UnYverSel, un système d’échange local. Grâce à des pestas, une monnaie complémentaire basée sur le temps, elle propose ses services à d’autres gens. «En tant que mère célibataire, je n’avais pas toujours la possibilité de demander à mes proches de m’aider pour telle ou telle tâche. Grâce à UnYverSel, je ne ressens aucun sentiment de culpabilité.» Mais concrètement, comment cela fonctionne? «L’autre jour, j’avais oublié de ramener un livre à la bibliothèque et j’allais partir en vacances. Je l’ai déposé dans ma boîte à lait et j’ai demandé à une amie de le rapporter. En échange je l’ai aidée à nettoyer les vitres de ses fenêtres. Au final, faire la corvée à deux, c’est nettement plus rigolo.»

Même s’il n’arrive pas à donner un chiffre exact, Théophile Schenker, l’un des organisateurs d’AlternatYv, est très satisfait du nombre de visiteurs.

Valérie Beauverd