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Les multiples vies d’un lieu mythique

24 juin 2020 | Edition N°2747

Vallorbe - De ses heures de gloire aux années difficiles, une exposition retrace les métamorphoses de la gare de la Cité du fer.

Le 4 juillet prochain s’ouvrira une exposition dont le vernissage aura lieu… le 12 septembre! Le Covid étant passé par là, c’est peu dire que la dernière exposition organisée sous la houlette de Simon Leresche au Musée du fer et du chemin fer sera particulière à bien des égards.

Au cœur du projet, la gare de Vallorbe, donc, et son histoire unique. Site de premier plan lors de la première partie du siècle dernier, avec le passage de trains mythiques comme l’Orient-Express, le majestueux édifice est entré dans une phase de déclin quelques décennies plus tard. Dans le dossier de presse de l’exposition, il est décrit comme étant désormais «désuet» et «disproportionné». Les différentes phases seront racontées au travers de personnage emblématiques. «J’essaye de dépeindre un portrait réaliste de toutes ces périodes», explique Simon Leresche, pour qui enjoliver les choses ne correspond pas au métier d’historien.

Passage de Gandhi

Une réflexion à la portée particulière puisque l’une des photos fortes de l’ère glorieuse de la gare montre le passage de Gandhi, en 1931. Gandhi dont les statues sont aujourd’hui déboulonnées dans certains pays. Au delà du cas particulier de Vallorbe, l’exposition montrera comment le transport ferroviaire n’est «plus le lieu du rêve» dans le monde de la technique et de la globalisation. Le conservateur en veut pour preuve le passage, chaque nuit à Vallorbe, d’un train fantôme transportant des migrants d’Italie en France, sans que l’on sache réellement s’ils ont choisi ce voyage.

Dernier visage de l’histoire des lieux, son actuel habitant Sébastien Mettraux. Incarnant le renouveau de la vie des lieux, le peintre évoque un site «qui le fascine et qui le nourrit» dans son travail. Il évoque l’attraction que ce site «improbable» exerçait sur les enfants de la commune durant ses jeunes années. Autant de choses qui lui ont parfois rendu amère la phrase de Michel Bühler, également présent dans le projet, qui avait évoqué «le lieu le plus sinistre sur terre» dans une interview en 2002.

Raphaël Pomey