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Les Rochats répondent aux critères

18 février 2013

Le conseiller d’Etat Philippe Leuba a confirmé vendredi que la place d’armes des Rochats répond aux conditions pour accueillir les requérants d’asile. Berne tranchera.

Philippe Leuba, lors du bilan de l’asile, entouré de Steve Maucci, chef du Service de la population (SPOP), et d’Eric Dürst, directeur de l’EVAM.

La place d’armes des Rochats, au-dessus de Provence, accueillera-t-elle des requérants d’asile? Du point de vue de Philippe Leuba, conseiller d’Etat en charge du Service de la population, rien ne s’y oppose. Le chef du Département de l’économie précise par ailleurs que dans ce dossier, le Canton et la Municipalité de Provence partage une totale identité de vues.

Rappelons que dans le cadre des nouvelles procédures d’asile, le Conseil fédéral veut plus de centres gérés directement par la Confédération. Un groupe de travail présidé par le chef du Service de la population a passé en revue les installations militaires susceptibles d’accueillir des requérants d’asile.

La place d’armes des Rochats est celle qui semble le mieux convenir. «Nous avons contacté la Municipalité de Provence, avec laquelle nous avons une excellente collaboration et nous avons répondu à la Confédération d’une seule voix, en parfait accord avec les autorités de Provence», explique Philippe Leuba, qui jouit du soutien du Conseil d’Etat. Il a par ailleurs précisé que la Confédération «peut réquisitionner, mais elle a privilégié la collaboration avec le Canton et les communes.

Des conditions

Canton et Commune de Provence ont toutefois posé des conditions: la Commune de Provence n’aura à assumer aucun coût, la viabilité de l’accès (déneigement) sera assurée à charge de Berne, des garanties d’encadrement et de prise en charge sont exigées. A ce sujet, Philippe Leuba précise que la Police cantonale vaudoise a conclu que «cela ne génère pas de risque particulier».

Enfin, la Confédération devra privilégier les acteurs locaux (nourriture, voirie, etc.). Selon les estimations réalisées, 110 à 120 requérants d’asile, au maximum, pourraient être accueillis sur les hauts de Provence.

 

Tous intéressés

Le Canton de Vaud doit accueillir le 8% des requérants d’asile. Mais la présence du Centre d’enregistrement et de procédure (CEP) de Vallorbe contribue à faire diminuer sa part de contingent. Il en irait de même si la Confédération -Ueli Maurer, patron de l’Armée, devra s’entendre avec Simonetta Sommaruga- optait pour l’ouverture d’un centre fédéral aux Rochats.

 

Intransigeant avec les délinquants Philippe Leuba est aussi généreux

Une politique de l’asile claire et humaine

Volontiers raillé par certains milieux de l’asile, Philippe Leuba a démontré qu’il était parfaitement possible de mener une politique ferme et respectueuse de la législation en matière d’asile, tout en se montrant ouvert et généreux avec ceux qui, y compris les clandestins, font un effort d’intégration et respectent la loi.

Dès son arrivée au Conseil d’Etat, en 2007 -il a dirigé dans un premier temps le Département de l’intérieur et le dossier de l’asile l’a «suivi» au Département de l’économie-, Philippe Leuba a décidé de jouer la transparence. En publiant notamment des chiffres et des statistiques qui démentent bien des idées reçues et des fantasmes.

Sans tenir compte des fonctionnaires internationaux, la population vaudoise compte 232 200 étrangers. Celles ressortant de l’asile sont 5560, soit 2,3% de la population étrangère.

Forte croissance

Au niveau Suisse, 28 630 demandes (+27%) ont été déposées l’an dernier. 2011 se signalait déjà par une croissance de 45% à 22 550. Tout cela pose des problèmes d’hébergement. L’EVAM, établissement en charge des requérants hébergeait à fin janvier 5140 personnes, soit 400 de plus qu’en 2012, année durant laquelle cinq abris de protection civile ont été ouverts.

En ce moment, des requérants sont hébergés dans neuf abris PC. Pour les fermer et disposer d’une marge de manoeuvre suffisante, il faudrait trouver 700 places.

L’application de la loi conduit à des départs, 908 l’an dernier (698 en 2011), dont 360 ont bénéficié d’une aide au retour. 202 requérants ont été renvoyés dans le pays européen de provenance, où ils avaient déposé une première demande, en vertu des accords de Dublin.

Enfin la grande majorité (84%) des 93 personnes placées en détention administrative (mesures de contrainte) avaient écopé de sanctions pénales.

 

Isidore Raposo