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Mamie S. A. change de mains

18 avril 2019 | Edition N°2481

Une page d’histoire se tourne. L’entreprise familiale vallorbière transmise à un jeune entrepreneur de la région.

Il est des passages importants dans la vie. La signature, le 11 avril dernier, de la convention de transmission d’entreprise entre Philippe Mamie et Robin Chapuis est de ceux-là. En effet, cela faisait 75 ans, jour pour jour, que Georges Mamie, père de Philippe, avait créé l’entreprise spécialisée dans le chauffage, les installations sanitaires et la révision de citernes. Une activité qui s’est peu à peu élargie à toutes les nouvelles technologies allant du solaire à la géothermie. La transmission prendra effet le 1er juillet prochain.

Cette entreprise vallorbière, dont les activités s’étendent à tout le Nord vaudois, la vallée de Joux, le pied du Jura et la région de La Sarraz-Cossonay, est connue pour la qualité de ses services. à l’âge de 75 ans, et après avoir œuvré durant un demi-siècle dans l’entreprise familiale, Philippe Mamie a estimé qu’il était temps de transmettre le témoin.

Même si Pascal Couchepin, alors qu’il était encore conseiller fédéral, avait déclaré, en évoquant le futur de l’AVS et des caisses de pension, qu’un jour il faudrait peut-être travailler jusqu’à 75 ans, Philippe Mamie n’a pas pris cette prophétie pour argent comptant. Le hasard, et son envie de rester actif, ont fait qu’il est parvenu à un âge où il est tout à fait naturel de s’accorder un peu de repos. D’autant plus lorsqu’on a, comme lui, consacré autant de temps aux affaires publiques.

Restait encore à trouver le successeur, un problème qui se pose actuellement à des milliers de petites et moyennes entreprises familiales en Suisse. Philippe Mamie est heureux d’annoncer la transmission de la société familiale Mamie S.A. à un jeune entrepreneur de la région. En effet, Robin Chapuis, âgé de 30 ans et domicilié à Valeyres-sous-Montagny, a passé son enfance et sa jeunesse à Champvent. Chauffagiste, titulaire d’une maîtrise fédérale, il a travaillé pour les groupes Alvazzi et Alpiq, et chez Thermex. «Il reprend les activités et le personnel. C’est une transmission dans la continuité. Je suis confiant dans la pérennité de l’entreprise», relève Philippe Mamie.

Avant de rejoindre son père Georges, Philippe Mamie a obtenu un diplôme d’ingénieur en mécanique hydraulique au Technicum de Genève. Puis il a travaillé durant deux ans à Escher et Wyss, à Zurich. Il y a tout juste cinquante ans, son père lui a proposé de venir travailler avec lui. En 1978, l’entreprise a pris la raison sociale G. Mamie et Fils S.A., pour devenir ultérieurement Mamie S.A.

Une retraite méritée

Pour Philippe Mamie, le moment est venu de s’accorder plus de temps pour lui. En effet, il a eu une activité politique très riche, à une époque où les élus étaient de vrais miliciens. Syndic de Vallorbe durant seize ans, il a aussi été conseiller national durant une législature, et président de l’Association pour le développement du Nord vaudois (ADNV) de 1988 à 2001. Il s’est aussi fortement engagé dans les activités militaires et a obtenu le grade de major.

L’homme politique, bien ancré au centre – radical défenseur d’une économie libérale – s’est fortement engagé dans les affaires publiques, et celles liées à ses fonctions. Il a notamment représenté la Commune de Vallorbe au conseil d’administration de la Société des grottes. Il a aussi siégé au conseil d’administration de la Société anonyme du Journal d’Yverdon (SAJY) qui, un siècle durant, a édité l’ancien quotidien local.

Même s’il observe une certaine réserve sur le sujet, la vente du journal au Groupe Corbaz de Montreux, puis sa cession à Edipresse, n’ont pas enchanté le secrétaire du conseil qu’il était. Cette expérience l’a sans doute incité à privilégier la transmission de sa société à un entrepreneur de la région.

Isidore Raposo