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Merci, mais c’est fini

28 juin 2019 | Edition N°2528

Yverdon-les-Bains – Bien que Coralie Cendra Jacot ait multiplié son chiffre d’affaires par vingt en moins d’un an, elle a décidé de fermer l’unique papeterie du centre-ville, fin juillet.

C’est comme un air de déjà vu. L’unique papeterie yverdonnoise va définitivement fermer ses portes le 31 juillet. «Je vous explique, cela fait trois-quatre mois que je suis malade, mais vraiment malade. Et du coup, j’ai réfléchi à la cause de tout ça. Et je me suis rendu compte que je ne pouvais plus suivre ma philosophie d’éco-papterie à une si grande échelle, assure Coralie Cendra Jacot, gérante de Coeye, qui a repris le local de la boutique à la Reine Berthe en septembre 2018. Comme je suis trop intègre, je n’arrive pas du tout à m’y faire et je prend du retard dans les tâches administratives alors que ça tourne.» Et de préciser: «Mon chiffre d’affaires? Il n’a pas doublé, il n’a pas non plus été multiplié par dix, mais par vingt! Il y a une réelle demande de la population et des entreprises.» Quant à la clientèle, la commerçante estime qu’elle a augmenté de 68% depuis l’ouverture de son échoppe au centre-ville.

«Le plus difficile pour moi a été d’annoncé ma décision au personnel», assure la jeune femme qui travaille actuellement avec six employés. La gérante a dû embaucher cinq personnes pour pouvoir faire tourner ses boutiques à Yverdon-les-Bains et à Grandson.

Peut-être une relève

Malgré tout, Coralie Cendra Jacot préfère voir le verre à moitié plein. «Je sais que j’aurais regretté si je ne m’étais pas lancée.» Avant de lâcher: «Il y aura peut-être un autre papetier qui va venir en ville, car j’ai eu contact avec deux personnes.»

Avant que Coeye n’ouvre une succursale à Yverdon-les-Bains, un autre Nord-Vaudois s’était penché sur la question de lancer une activité au centre-ville, après la fermeture de la papeterie Schaer. «On avait fait une étude l’an dernier, mais quand on a appris que Coralie allait ouvrir, pour la bonne marche des affaires, on a préféré renoncer à notre projet, note Christian Jaccard, de la Quncaillerie Jaccard à Sainte-Croix, attristé d’apprendre qu’un commerce fermer ses portes. Quand elle nous a annoncé qu’elle arrêtait aussi à Grandson, ça nous a fait comme un déclic et on a remis le projet sur les rails.» Pour l’instant rien n’est encore fait, mais le Sainte-Crix espère que la capitale du Nord vaudois ne restera pas sans papeterie.

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Bye bye Grandson

Il n’y aura plus de papetier à Grandson dès le 1er août. «Commerçante, je ne suis pas. J’ai voulu offrir ça à la population, mais je suis davantage dans l’artistique, reconnaît Coralie Cendra Jacot. Je veux retrouver quelque chose dans lequel je me sente bien.» Elle gardera le magasin à la rue Basse, où elle reprendra ses activités initiales: la photographie et le coaching par l’art.

Christelle Maillard