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Opiniâtre, Killian Auberson veut poursuivre son rêve américain

23 février 2016 | Edition N°1687

Supercross – Le pilote d’Epautheyres est de retour au pays, après avoir terminé la première partie de sa saison. Il s’affaire, désormais, à trouver le financement nécessaire à sa participation au Championnat américain de motocross.

Killian Auberson, à l’oeuvre aux Etats-Unis, au guidon d’une Suzuki 250 cm3 du team texan TPJ. © Spencer Owens

Killian Auberson, à l’oeuvre aux Etats-Unis, au guidon d’une Suzuki 250 cm3 du team texan TPJ.

Engagé en Championnat AMA de la Côte ouest des Etats-Unis (supercross), Killian Auberson y a officié en tant que pilote officiel du team TPJ Suzuki. Le crossman d’Epautheyres a conclu l’exercice par une deuxième participation à une finale au goût inachevé, une chute intervenue au deuxième tour ayant balayé ses rêves de gloire. «J’ai été contraint à l’abandon après avoir plié mon guidon (ndlr: il a été classé 22e). C’est rageant. Déjà lors de ma première finale, j’avais chuté dans le deuxième tour et perdu l’essentiel de mes illusions en finissant 18e, relate Killian Auberson avant de relativiser. Je suis bien sûr un peu déçu, d’autant que j’avais la vitesse. Mais soit je roulais mal, soit je ratais mon départ.» Et dans des séries où la moindre erreur se paie cash, le multiple champion de Suisse n’a guère pu redresser la barre.

Tout n’est pourtant pas à jeter dans cette quatrième expérience étasunienne: «Cette fois-ci, je ne me suis, au moins, pas blessé. Lors de mon premier voyage là-bas, je m’étais cassé le poignet droit. La deuxième année, j’avais souffert d’un tassement des vertèbres et l’an dernier, j’avais été en proie à un problème ligamentaire à l’épaule droite», rappelle le dur au mal. Pour pallier les pépins physiques, Killian Auberson s’est, une nouvelle fois, astreint à une préparation physique minutieuse, en collaboration avec l’ex-star française Yannig Kervella.

Un régime de forçat

Le pilote Suzuki de 23 ans a, ainsi, sculpté son corps et travaillé quoditiennement son endurance pendant deux heures, deux heures et demie en fin de journée, après avoir préalablement roulé durant au moins quatre heures. Un rythme de forçat qui ne lui a pas laissé le temps de beaucoup profiter du farniente californien: «On arrive le soir à la maison pour manger et on va se coucher», rigole-t-il.

Un régime strict et épuré de flonflons pour un galérien du sport professionnel. «C’est sûr, les temps sont durs. Sans mes soutiens, ma famille en particulier, je n’en serais pas où j’en suis aujourd’hui», convient le pilote d’Epautheyres. Sport de niche en Suisse, le motocross ne nourrit pas son homme. Au bénéfice d’une excellente réputation à l’international, Killian Auberson doit, toutefois, se battre pour parvenir à joindre les deux bouts: «Au niveau du matériel, ce n’est jamais vraiment un problème, on trouve toujours. Par contre, c’est tout le reste qui est compliqué.» Le reste? Entendez par-là les déplacements, le logement, la subsistance et les engagements d’un mécano, voire d’un chauffeur. Ainsi, le jeune homme a dépensé 30 000 francs pour participer au championnat AMA cet hiver. Il ambitionne, désormais, de s’inscrire au championnat américain de motocross. Un rêve, quasi inaccessible, car devisé à 60 000 francs. «On va y aller pas à pas. On envisage, déjà, de participer aux quatre premières courses et on tirera un premier bilan qui nous permettra de décider de la suite à donner aux événements», détaille celui qui se verra une nouvelle fois confier un guidon par le team TPJ.

Rédaction