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Restreindre la circulation en forêt

27 janvier 2017 | Edition N°1922

Nord vaudois – De nombreuses communes régionales soumettent leur plan de fermeture des routes forestières, fruit d’un long processus de concertation.

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Pascal Croisier a côté d’un panneau amené à se répandre dans les forêts placées sous sa juridiction. ©Charles Baron

Pascal Croisier a côté d’un panneau amené à se répandre dans les forêts placées sous sa juridiction.

Vingt communes de la région d’Orbe et Vallorbe mettent en consultation la fermeture de leurs routes forestières aux véhicules motorisés, conformément à la Loi fédérale de… 1991. L’aboutissement d’un travail de longue haleine, lors duquel les autorités communales se sont mises à la table des négociations avec la Direction générale de la mobilité et des routes (DGMR) et la Direction générale de l’environnement (DGE) du Canton.

Pascal Croisier, l’inspecteur forestier du territoire concerné, s’est vu confier le pilotage de la démarche initiée en 2010, lors de laquelle les interdictions de circuler et les éventuelles dérogations ont été réparties à l’aune de constantes pesées d’intérêt. S’il salue le climat de consensus qui a régné durant les débats, le coordinateur de l’Etat de Vaud ne cache pas l’apparition de «certains points critiques». L’accès au Suchet par Ballaigues, emprunté par les clients français des buvettes d’alpage a, ainsi, été maintenu, le critère économique l’emportant, en l’occurrence, sur les doléances liées à la biodiversité. La période de fermeture de la route reliant Rances au sommet jurassien aurait aussi suscité d’âpres discussions. Au final, il est prévu de soustraire au trafic les principaux tronçons conduisant au massif de la région du 1er janvier au 31 mars. Le but de l’opération ? Éviter à la faune sauvage, particulièrement vulnérable en hiver, d’être dérangée par le passage d’éventuels véhicules 4×4, de quads ou de motos. Enfin, il est à relever qu’une commune aurait modifié in extremis le plan de fermeture de ses routes.

Plusieurs exceptions

Les dérogations appliquées à certains axes routiers seront mentionnées sur les plaques complémentaires aux panneaux d’interdiction. Leur détermination est calquée sur les besoins des usagers. «Je me suis par exemple renseigné sur les habitudes des agriculteurs. La signalisation de routes forestières qui mènent à des parcelles comprend, ainsi, la mention exploitation agricole et forestière autorisée», illustre Pascal Croisier. D’autres particularités locales ont nécessité des ajustements. Condamné dans un premier temps, un tronçon permettant de rallier le refuge de L’Abergement a été réhabilité car il constitue la seule alternative lorsque l’activité du stand de tir empêche la circulation sur le parcours privilégié.

L’inspecteur forestier ne cache pas qu’il s’attend à «quelques coups de gueule» lors de la mise en œuvre de cette obligation légale synonyme d’adaptations pour les différents usagers de la forêt. D’où sa volonté de soigner la communication (lire encadré ci-dessus).

Les infractions aux nouvelles règles pourront être signalées par quiconque à la Préfecture et sanctionnées, le cas échéant, par une amende. Chaque commune aura, de surcroît, la possibilité de prendre des mesures si des abus devaient être constatés. Celle d’Orbe envisage, d’ores et déjà, d’installer une barrière dans la forêt de Chassagne, où l’interdiction de circuler déjà en place ne serait pas respectée.

Mise en place prévue pour le premier semestre

La nouvelle règlementation du trafic motorisé sur les routes forestières impliquera la pose d’environ 300 panneaux. Ces derniers vont faire l’objet d’une commande groupée des communes. Pascal Croisier espère que leur installation pourra commencer durant le premier semestre de cette année.

Plusieurs étapes précéderont néanmoins cette opération. Les éventuelles remarques formulée lors de la période de consultation initiée le 24 janvier, seront traitées. La Direction générale de la mobilité et des routes publiera ensuite sa décision contre laquelle il sera possible de faire recours auprès de la Cour de droit administratif et public.

Préférer l’information à la répression

Pascal Croisier prévoit d’associer le déploiement des plans communaux de fermeture des routes à une campagne d’information auprès de la population. Il a d’ailleurs déjà présenté le projet au Conseil de Lignerolle et en fera de même prochainement à Vallorbe. A noter que les communes d’Orbe et Lignerolle ont l’intention d’agrémenter les règlementations de panneaux didactiques dans leur zone forestière respective. «Nous nous sommes efforcés de proposer une signalisation claire, avec un minimum d’informations complémentaires liées aux dérogations», indique l’inspecteur des arrondissements forestiers d’Orbe et de Vallorbe.

Ludovic Pillonel