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Travys arrête le transport de marchandises

9 mars 2017 | Edition N°1951

Nord Vaudois – Le bois et les déchets ménagers de La Vallée et du Balcon du Jura ne transiteront plus par le rail, mais par la route. Une interpellation a été déposée au Canton.

Yvan Pahud espère que le Canton participera financièrement pour maintenir le fret ferroviaire. ©Michel Duperrex

Yvan Pahud espère que le Canton participera financièrement pour maintenir le fret ferroviaire.

Après la décision unilatérale de la sucrerie d’Aarberg de supprimer le chargement de betteraves sur la ligne entre Sainte-Croix et la Cité thermale (Lire La Région Nord vaudois du 11 janvier), c’est au tour du bois et des ordures d’être évincés. La compagnie Travys a annoncé, le mois dernier, l’arrêt définitif, au moins de juin, du transport de marchandises entre la vallée de Joux-Vallorbe et Sainte- Croix-Yverdon-les-Bains.

Une décision qui va à l’encontre de la politique fédérale et cantonale visant à favoriser le rail. En réaction à la décision de Travys, le député sainte-crix, Yvan Pahud, a déposé, mardi, une interpellation au Conseil d’Etat. «C’est illogique !», estime le député combier Dominique Bonny, co-auteur l’acte.

L’annonce de Travys aura des conséquences économiques pour les communes, qui devront se déplacer jusqu’à La Poissine, près de Grandson, ou à Chavornay. Car pour acheminer ses quelque 3500 tonnes de bois, Sainte-Croix devra désormais organiser environ 170 transports routiers par année. Et le recours aux camions coûte entre 6 et 8 francs de plus par m3, selon le texte de l’interpellation. Concernant les ordures ménagères, deuxième marchandise transportée par wagon sur ces lignes, le bilan n’est pas meilleur. Puisque la Commune a expédié 820 tonnes de déchets l’an dernier, ce qui correspondrait à 48 camions chargés de deux bennes. Pour la Vallée, il s’agit de 1179 tonnes, soit 66 semi-remorques. Pourtant, selon Travys, Sainte-Croix n’utilise que trois wagons par semaine, toutes cargaisons confondues. Et un seul, pour La Vallée.

Des raisons économiques

La suppression des trois wagons de betteraves hebdomadaires,découlant du retrait de mandat de la sucrerie, a remis en cause tout le service de fret. Comme 95% du transport de marchandises se fait entre Orbe et Chavornay, la réflexion s’est portée sur les deux autres lignes. Et plusieurs éléments ont fait pencher la balance : une augmentation du trafic de voyageurs et un durcissement des normes sur les trains marchandises, qui aurait demandé un investissement de plusieurs dizaines de milliers de francs. «Travys nous a dit qu’il faudrait payer le double par wagon pour maintenir ce service», relève Yvan Pahud. La Commune de Sainte-Croix et les producteurs de bois ont accepté de payer ce montant, qui restait meilleur marché que la route. Et là, selon le député, Travys a opposé un autre obstacle : le manque de personnel. «Ça me fait rigoler parce qu’on nous a dit que c’est un problème financier, mais dès que l’on a trouvé une solution, on nous dit autre chose.»

Ouvert à la discussion

Afin de maintenir le transport de marchandises, Yvan Pahud a proposé de faire des envois groupés. «Nous nous serions arrangés pour faire des trajets moins fréquemment, mais plus chargés, raconte-il. Et c’est le même prix pour Travys, que la locomotive tire deux ou quatre wagons.» Selon ses dires, le directeur de Travys est prêt à discuter et à trouver une solution alternative, mais uniquement jusqu’à la fin de l’année. Après quoi, tout fret ferroviaire devra être stoppé. «J’aimerais une solution pérenne, ajoute Yvan Pahud. Le but de mon interpellation n’est pas d’attaquer la décision de Travys, mais de questionner le Canton sur sa volonté d’agir et soutenir financièrement ces prestations», estime-t-il. Reste à attendre l’avis du Canton.

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Christelle Maillard