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Un couac ajourne les débats du Conseil communal

8 avril 2019 | Edition N°2473

L’Exécutif a pris connaissance trop tard d’un rapport émanant de ses services sur le nouveau règlement de police. Pris de court, les élus n’ont pas pu délibérer jeudi dernier.

Les membres du Conseil communal s’étaient préparés à vivre une séance interminable, jeudi dernier. Seul objet à l’ordre du jour, le préavis concernant le règlement de police promettait de riches débats, la commission ad hoc proposant moult amendements, auxquels devaient s’ajouter ceux concoctés par les groupes politiques. Or il n’en a rien été. Unanimes, les élus ont renvoyé le dossier à la commission, en raison de modifications de dernière minute apportées par la Municipalité.

Mercredi soir, veille des débats, les chefs de groupe des partis avaient reçu un courriel leur indiquant que l’Exécutif proposait quatre amendements au préavis. Jeudi après-midi, un cinquième point est venu se greffer à un dossier déjà complexe. De quoi donner des cheveux blancs aux conseillers communaux.

«Se retrouver, la veille, avec autant de modifications de dernière minute sur un préavis aussi important me paraît inacceptable, a martelé Natacha Ribeaud-Eddahbi, présidente de la commission ad hoc. C’est manquer de respect pour le travail qui a été fait jusqu’ici.» Vu la complexité du sujet, la socialiste a estimé qu’il paraissait difficile de poursuivre les débats en l’état.

Temps compté

«La Municipalité s’est demandée, mercredi, si elle devait retirer le préavis», a reconnu le syndic Jean-Daniel Carrard. Selon lui, cette situation tient au fait qu’il a reçu, mardi soir seulement, un rapport de 35 pages émanant du Service de police, contenant des commentaires et des demandes d’amendement à déposer par l’Exécutif. «J’imagine que le service s’est dit qu’il y avait de fortes chances que certains articles ne passent pas la rampe auprès des services cantonaux. Il y a donc des propositions de reformulation», a-t-il expliqué devant l’organe délibérant.

«La Municipalité a dû en parler en catastrophe mercredi matin. On est tous un peu dans un système d’urgence», a poursuivi le syndic, en réponse aux élus agacés de se retrouver face à un tel cafouillage. Il a ajouté que l’Exécutif avait préféré s’en remettre au Conseil communal, plutôt que de décider lui-même d’ajourner les débats.

Reste la question de savoir pourquoi le fameux rapport de 35 pages est parvenu au dernier moment à la Municipalité. Selon des conseillers communaux, il aurait été disponible bien avant. Natacha Ribeaud-Eddahbi note pour sa part que «c’est assez inexplicable. Il y a eu un couac, mais je n’ai pas l’impression qu’il vienne du Service de police, commente-t-elle. Ce serait d’autant plus étonnant que ce n’est pas la façon de procéder de ce service, qui a été ultraprofessionnel durant tout le travail avec la commission.» Et d’ajouter: «L’absence et la suppléance de la municipale Valérie Jaggi Wepf ont peut-être créé un flou sur qui devait faire quoi et quand.»

«Là n’est pas la question», tranche Jean-Daniel Carrard, qui a remplacé sa collègue à la tête de la police durant son congé maladie, entre le 1er mars et lundi dernier. «Je ne peux pas dire pourquoi ce document est arrivé tardivement. Je ne peux que le constater, ce qui a rendu le débat de jeudi quasi impossible.»

Interrogé, le commandant de Police Nord vaudois, Pascal Pittet, se contente de répondre que «le Service de police a déposé ce rapport dans des délais qui permettaient aux autorités de travailler».

Caroline Gebhard