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Un TER pour un TGV en guise de consolation…

8 novembre 2019 | Edition N°2620

Vallorbe – La Cité du fer perd le premier TGV du matin. Il faudra se lever tôt pour gagner Paris.

La suppression d’un des quatre TGV reliant quotidiennement Lausanne à Paris, en l’occurrence celui quittant Vallorbe à 7h, est entérinée. «On s’est battus avec le Canton et la Région Bourgogne-Franche-Comté. Mais c’était inutile, car la SNCF et les CFF avaient déjà lancé le processus. Ils ne pouvaient pas revenir en arrière», déplore Stéphane Costantini, syndic de la Cité du fer.

Mais ce combat, qui est loin d’être terminé, n’a pas été vain. En effet, les deux compagnies de chemin de fer mettront en service le 16 décembre prochain, à l’occasion du changement d’horaire, un Train express régional (TER), qui quittera Vallorbe à 5h02 et atteindra Paris à 10h38. Ce convoi permettra aux personnes qui le souhaitent d’effectuer l’aller et retour dans la journée, tout en disposant de quelques heures dans la capitale française pour des affaires ou des loisirs.

Le temps de parcours, rallongé de deux heures et demie, s’accompagne de deux changements de train, à Dole (JU), puis à Dijon. Actuellement, le TGV partant de Vallorbe à 7h arrive à Paris Gare de Lyon à 10h03.

«Le TER, c’est une compensation, mais pour nous, le mal est fait pour ces deux prochaines années. Nous sommes toutefois contents d’avoir été entendus. La SNCF et les CFF ont admis avoir commis des erreurs de communication. On espère le rétablissement du quatrième TGV en 2021», explique Stéphane Costantini.

Le syndic s’étonne par ailleurs que la suppression d’un TGV conduise à en mettre un supplémentaire entre Lausanne et Genève: «C’est une aberration, car ce tronçon est déjà l’un des plus chargés d’Europe!»

Concurrence frontale

Cette option répond à la stratégie de Lyria – société commune aux CFF et à la SNCF dans laquelle l’entreprise française est largement majoritaire –, qui vise à gagner des parts de marché face à l’aviation. Et l’aéroport se trouvant à Genève…

Porte-parole et à la fois délégué aux affaires ferroviaires du Département des infrastructures et des ressources humaines (DIRH) du canton de Vaud, Mehdi-Stéphane Prin  déplore lui aussi la suppression de ce TGV du matin, mais il insiste sur les mesures de compensation obtenues: «Outre ce TER, qui sera entièrement financé par les compagnies de transport, le service du train des frontaliers entre Pontarlier et Vallorbe sera doublé dès le prochain changement d’horaire.»

Développer la ligne

Les autorités politiques, de part et d’autre de la frontière, ont dû monter jusqu’à Guillaume Pépy, président de la SNCF – il vient de quitter son poste – pour se faire entendre. Et il n’est pas question d’en rester là. D’ici la fin du mois, les autorités régionales vont constituer un Comité de suivi et de développement de la ligne Lausanne-Vallorbe-Paris.

«On est passé du coup de gueule au dialogue. Lyria a admis sa faute du point de vue de la méthode. Le comité de suivi disposera des chiffres, du montage, et de la politique tarifaire», assure Nuria Gorrite, présidente du Conseil d’État et cheffe du DIRH. Et d’ajouter, que la suppression d’un TGV est due au choix de matériel roulant.

Tenancier inquiet

«C’est inadmissible pour le commerce vallorbier. J’ai repris l’établissement il y a quelques mois et pour moi, le TGV du matin, cela peut représenter une centaine de cafés. Les clients viennent tôt, se parquent facilement, et prennent une consommation avant d’aller sur le quai», témoigne Emdri Ciobanu, tenancier du Buffet de la Gare, qui envisage de renégocier son bail, car une perte de chiffre d’affaires est prévisible.

Christelle Maillard