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Une locomotive à vapeur siffle à travers le Balcon du Jura

3 septembre 2018 | Edition N°2323

Nord vaudois – A l’occasion du 125e anniversaire de la ligne Yverdon – Sainte-Croix, La Région Nord vaudois s’est glissé à bord d’un wagon de troisième classe, dimanche. Au total, plus de 1200 visiteurs ont participé à la manifestation.

Une ambiance très familiale régnait à bord des deux wagons, dimanche. Plus de 1200 personnes ont participé à la manifestation durant le week-end. © Carole Alkabes

Assis en troisième classe au fond du dernier wagon, on observe les passagers monter à bord du convoi qui s’apprête à démarrer sous peu. Plus émerveillés les uns que les autres, les enfants se pressent vers les fenêtres pour apercevoir les premières émanations de fumée surgir de la locomotive à vapeur, à la gare d’Yverdon-les-Bains. Il est 9h20 lorsque les roues motrices se mettent en branle en direction de Sainte-Croix. En face, on remarque un visage familier. L’homme prend sa petite-fille au visage mutin sur les genoux. «On s’est déjà rencontrés quelque part, mais je ne sais plus où», lance Christophe Masson, capitaine adjoint du Service de défense incendie et secours (SDIS) du Nord vaudois. Une fois les présentations faites, il confie: «Je suis venu avec mes cinq petits-enfants parce que je voulais qu’ils voient ça!» Et d’ajouter en souriant: «Avant d’intégrer le SDIS, j’ai travaillé pendant plus de dix ans aux CFF, alors je connais un peu les trains.»

A côté de lui, Emmanuelle Nater, qui circule quotidiennement sur la ligne Yverdon – Sainte-Croix, accompagne son ami et le neveu de celui-ci. «C’est pas tous les jours qu’on a la chance de voyager à bord d’un train à vapeur», s’enthousiasme-t-elle. Quant au Fribourgeois Steve Seydoux, il a été invité par des amis de Valeyres-sous-Montagny. «Ils se sont installés en deuxième classe, mais il n’y avait plus de place pour moi.» Dans le compartiment voisin, Claire-Lise Besuchet révèle avec émotion qu’elle a vécu à la gare de Sainte-Croix jusqu’à l’âge de 13 ans. «Mon père était l’ancien chef de gare et je tenais à faire ce voyage en train. J’ai toujours été à l’heure partout où j’allais, parce que l’heure c’est l’heure», raconte-t-elle.

Au moment de pénétrer dans la forêt située au-dessus de la gare d’Essert-sous-Champvent, Pierre-Yves Roberti s’avance: «Les billets, s’il vous plaît!» Les passagers présentent alors un petit carton bleu sur lequel est inscrit la date en chiffres romains. Le responsable des ventes et de la distribution de la société de transports publics Travys apprécie sa casquette éphémère de contrôleur. «Ce qui me fascine, c’est de voir le nombre de gens qui s’arrêtent au bord de la route pour photographier la locomotive. Je n’ai jamais vu ça!» 

1500 litres d’eau à mi-chemin

Arrivée à la gare de Baulmes, la locomotive siffle à plusieurs reprises et s’immobilise sur-le-champ. Il est 9h46 et les sapeurs-pompiers du Service de défense incendie et secours de la plaine de l’Orbe s’activent pour remplir la chaudière. «On peut fournir jusqu’à 3000 litres d’eau, mais 1500 suffiront largement, constate Sébastien Voudroz, membre du Détachement d’appui de Baulmes. Dès que l’eau déborde, c’est que la citerne est pleine.» On remonte à bord du train, prêt à poursuivre la route sur les rails, quinze minutes plus tard.

Entre les arrêts de Six-Fontaines et de Trois-Villes, on sent les tractions de la machine à vapeur ralentir sur la montée. «Elle roule à 30 km/h au lieu de circuler à 45 km/h», explique Pierre-Yves Roberti.

Au sortir d’un tunnel, on aperçoit une fumée épaisse et compacte. Au loin, on voit surgir la commune de Sainte-Croix. Le train arrive en gare et les passagers descendent les marches. C’est certain, ils n’oublieront pas de sitôt ce 125e anniversaire.

Valérie Beauverd