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«Il est urgent de changer d’attitude»

25 janvier 2018 | Edition N°2171

Yverdon-les-Bains – Lors de l’assemblée générale de la Société coopérative des sélectionneurs, qui a eu lieu hier à La Marive, Jean-Luc Pidoux, président de cette organisation, qui a pour mission de fournir à l’agriculture suisse des semences et des plants certifiés de qualité, a lancé un appel pour que le travail agricole soit mieux reconnu.

 

La récolte 2016, supérieure en terme de tonnage de 11,5% à celle de 2015, s’explique par une augmentation des ventes de semences de céréales, et une meilleure récolte des plants de pommes de terre et de maïs. ©Duperrex-a

La récolte 2016, supérieure en terme de tonnage de 11,5% à celle de 2015, s’explique par une augmentation des ventes de semences de céréales, et une meilleure récolte des plants de pommes de terre et de maïs.

«Après avoir assisté à un défilé de vaches magnifiques, lavées, brossées, foehnées, bichonnées et conduites par leurs propriétaires avec fierté et passion devant un large public, c’est avec stupéfaction que j’ai vu quelques manifestants hurler contre la maltraitance des animaux qu’ils n’avaient même pas vus.» Réagissant à la présence de militants antispécistes lors de la 22e édition de Swiss Expo (lire La Région Nord vaudois du 15 janvier), le président de l’ancienne Association suisse des sélectionneurs (ASS) -rebaptisée il y a quelques années ASS Société coopérative des sélectionneurs- Jean-Luc Pidoux s’est plaint, hier, lors de l’assemblée générale de la coopérative agricole, du manque de reconnaissance du travail des agriculteurs en Suisse.

«Il est grand temps de cesser d’opposer l’agriculture biologique à celle dite conventionnelle», a surenchéri celui qui habite à Forel-sur-Lucens, dans la Broye vaudoise. D’après lui, le clivage est aussi provoqué par «la grande majorité des reportages et des émissions télévisuelles» qui se focaliseraient plutôt sur le bio. «Il est urgent de changer d’attitude pour sauver nos campagnes et ceux qui nous nourrissent.»

 

Se redonner un peu d’air

 

Basée à Moudon, la société regroupe environ 250 producteurs multiplicateurs de semences (céréales, maïs, soja, pois et trèfle) et de plants de pommes de terre des cantons de Genève, Vaud, Neuchâtel, Fribourg et Valais.

Après plusieurs années climatiques difficiles, l’ASS a pu bénéficier de bons rendements dans les céréales comme dans les pommes de terre. «Nous attendions avec impatience un bon millésime pour se redonner un peu d’air au niveau des résultats financiers», a déclaré Didier Peter, directeur de l’ASS, qui a présenté les résultats commerciaux de la coopérative.

Un chiffre d’affaires de 15 843 515 francs a été réalisé lors de l’exercice 2016- 2017. Il est supérieur de 4,8% -avec une augmentation de 727 298 francs- à celui de la période précédente, et permet de dégager un bénéfice de 9 218 francs. Ceci s’explique surtout par la très faible récolte de plants de pommes de terre de l’exercice 2015-2016. Les ventes totales de semences et plants se sont élevées à 10 976 tonnes, et représentent aussi une augmentation de 11,5%.

Après la partie statutaire, des exposés de Christoph Rüfenacht, gérant de la Fédération suisse des producteurs de semences (Swisssem), de Ruedi Fischer, vice-président de Swisspatat, et de Stephan Scheuner, directeur de l’Organisation de la branche suisse des céréales, oléagineux et protéagineux (Swissgranum), ont permis à l’assemblée de connaître les dernières actualités liées à chacun de ces domaines et les défis à relever pour cette année.

En toute fin de matinée, alors que Roger Federer venait d’obtenir son ticket pour les demi-finales de l’Open d’Australie, le vice-président de l’Union suisse des paysans (USP), Fritz Glauser, a affirmé que le sportif bâlois bénéficiait du même soutien auprès de la population que les paysans.

Gianluca Agosta