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Yverdon relève un important défi technique

30 mars 2012

Le Service des énergies d’Yverdon-les-Bains procède actuellement à la pose d’une nouvelle conduite sous-lacustre en acier soudé entre le port de Grandson et l’embouchure du Bey. Celle-ci mesure 1,7 kilomètres et approvisionnera 30 000 personnes. La mise en service aura déjà lieu à l’été.

La soudure, ici d’un coude devant les quais de Grandson, a lieu avant l’immersion.

«Une conférence de presse sur un bateau est un événement exceptionnel, mais il faut bien dire que ces travaux sont eux aussi un événement exceptionnel!» Gloria Capt, entrée en fonction à la Municipalité d’Yverdon-les-Bains il y a moins d’une année, aura déjà vécu beaucoup de péripéties à la tête du Service des énergies (SEY). Les moins réjouissantes, bien sûr, avec la terrible explosion ayant coûté la vie à deux habitants de de la rue de Neuchâtel à l’automne dernier, mais aussi les plus attractives, avec l’annonce du prochain festival organisé le 30 mai, pour lequel 45 000 personnes sont attendues et qui nécessitera un gros investissement du Service dirigé par l’ancienne présidente du PLRY, ne serait-ce que pour acheminer l’énergie nécessaire aux Rives du Lac.

Des prouesses techniques

Mercredi dernier, sous un très beau soleil printanier, la visite organisée sur le lac de Neuchâtel avait tout d’une réjouissance, puisqu’il s’agissait de présenter à une petite centaine d’invités quelques-unes des prouesses techniques de génie civil nécessaires à la pose de d’une conduite sous-lacustre. Le chantier sur lequel planche actuellement le SEY. Yverdon-les-Bains constitue en effet un défi technique inédit, lequel a même été qualifié très officiellement de «première européenne». Le défi en question? La pose, en quelques semaines seulement, d’une nouvelle conduite sous-lacustre en acier soudé entre le port de Grandson et l’embouchure du Bey, à Yverdon-les-Bains! Le but de ce projet-phare, à défaut d’être aussi pharaonique que la construction du canal de Suez? Permettre aux quelques 30 000 personnes reliées au réseau d’eau potable de la région de disposer d’un approvisionnement plus sûr grâce à des infrastructures modernes.

Il faut dire que le réseau actuel est relativement âgé, puisque le seul vecteur d’eau pompée est une «conduite en acier construite peu après 1940», a notamment relevé Anne Grandin, cheffe de section des réseaux eau et gaz du SEY. Devant le risque important de dégradation de cette conduite, décision avait été prise, voici trois ans aujourd’hui, d’accorder un crédit pour cette infrastructure, laquelle aura une portée bien au-delà d’Yverdon-les-Bains. Cette dernière est en effet la «plaque tournante» de la distribution d’eau dans la région et de nombreux projets de liaisons sont actuellement à l’étude.

L’eau coulera en 2012

Un des buts que cette nouvelle conduite permettra en partie d’atteindre? Coordonner, toujours un peu plus, les réseaux SEY et ACRG (Association des communes de la région de Grandson), sous l’égide de la SAGENORD, une société née dans des eaux un peu troubles, on s’en souvient, mais qui navigue désormais dans des eaux un peu plus calmes, si l’on ose s’exprimer ici.

Budgétés à plus de trois millions de francs, les travaux permettront un raccordement au réseau existant dès l’été 2012 et ont intégralement respecté les contraintes environnementales. La nouvelle eau venue de Grandson coulera donc quelques mois avant celle de Boxer, un autre événement attendu impatiemment à Yverdon-les-Bains!

 

La conduite sous-lacustre en chiffres

La longueur totale de la conduite est d’1,75 kilomètre, dont 1,2 kilomètre posés au fond du lac de Neuchâtel. Le diamètre de la conduite est de cinquante centimètres, et la profondeur de pose se situe entre 2m et 5m. L’eau circule à la vitesse d’1,4 mètre/seconde et le débit maximum est de 16 0000 litres/minute.

Timothée Guillemin