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«Je crois de plus en plus au destin»

10 juillet 2018 | Edition N°2285

Jérémy Manière se remet de son opération au genou droit dans les salles de sport. Le défenseur vallorbier du Lausanne-Sport a dû faire preuve de patience depuis l’hiver.

Opéré le 26 avril dans une clinique de Berne, Jérémy Manière a posé les béquilles il y a deux semaines et il conduit depuis quelques jours seulement. Une transplantation osseuse et cartilagineuse à son genou droit permettent au Vallorbier de 26 ans d’entrevoir un retour au jeu en début d’année prochaine. Entre-temps, le défenseur central du Lausanne-Sport a entamé sa rééducation. Rencontre.

Jérémy, vous avez disputé votre dernier match en décembre 2017, contre le FC Bâle. N’avez-vous pas trouvé le temps long jusqu’à votre opération?

J’ai d’abord repris la préparation en janvier, avant que l’on se rende compte que l’opération était nécessaire. Le plus dur a été l’attente de trouver un greffon. A ce moment, les résultats de l’équipe n’étaient pas bons. J’avais à la fois souci pour mon avenir sportif et pour ma santé. Depuis que l’opération a été réalisée, cela va mieux (ndlr: il a gardé des béquilles durant deux mois, mais a pu recommencer à entretenir le haut de son corps en salle assez rapidement après l’intervention). Ce d’autant plus que, chaque jour, je vois de l’amélioration.

A quoi en êtes-vous?

J’ai pu reprendre le vélo en salle, ainsi que des squats. Je pratique aussi des exercices avec des petits pas rapides et d’autres en piscine. Je suis content, le genou réagit bien, il ne gonfle pas, même si je sens un peu mon ménisque, qui a également été soigné. Il est, par contre, encore trop tôt pour courir. Cela va demander du temps et n’est pas encore planifié. Je dois d’abord muscler ma jambe.

Quel était votre sentiment avant l’opération, qui nécessitait une greffe?

Je reconnais que les trois premiers jours, je peinais à accepter l’idée de recevoir un greffon de quelqu’un de décédé. Finalement, je n’avais pas trop le choix pour me soigner, pour pouvoir encore jouer au foot. Bien sûr, parfois j’aurais envie de savoir qui était cette personne, mais c’est confidentiel. Je sais juste que c’est quelqu’un qui devait avoir un profil – âge et gabarit – plus ou moins équivalent au mien. Cela explique pourquoi il a fallu trois mois pour trouver un donneur. Finalement, j’ai été opéré le 26 avril, pile neuf ans après mon premier match professionnel avec Yverdon Sport. C’était en Challenge League, contre Thoune. Et je suis également né un 26. Je crois de plus en plus au destin!

Quand espérez-vous pouvoir revenir au jeu?

J’aimerais pouvoir recommencer à m’entraîner avec l’équipe en décembre. Ou, du moins, pouvoir faire la préparation au deuxième tour dès janvier prochain, que je puisse participer cette saison et reprendre le fil de ma carrière.

Ce d’autant plus que vous entamez votre dernière année de contrat avec le LS…

C’est vrai, mais j’ai pu discuter avec le directeur sportif et il m’a dit qu’il comptait sur moi pour l’avenir. On discutera d’une possible prolongation à mon retour. Je peux ainsi me focaliser sur ma rééducation. Ça m’a fait du bien d’entendre ces mots.

A quel point le terrain vous manque-t-il?

Beaucoup. J’essaie de compenser cela en passant deux à trois heures par jour au fitness. S’y ajoutent la piscine et les soins. Je n’ai d’ailleurs pas encore pris de vacances. Mais je reconnais qu’il est de plus en plus désagréable d’aller voir mes coéquipiers, alors qu’il fait beau, que c’est la reprise, qu’il y a le projet de remonter en Super League. Pour l’heure, je suis là sans être vraiment présent. Ma foi, c’est comme ça.

Comment avez-vous vécu la relégation du LS?

Du point de vue collectif, ça a été un énorme coup d’arrêt dans le projet du club, alors qu’en décembre tous les feux étaient au vert. En pensant à soi, c’est clair que mes coéquipiers avaient mon avenir entre leurs pieds, ce qui n’était pas évident à accepter, alors que j’avais beaucoup bossé pour arriver en Super League et dans mon club de cœur. C’est un sentiment un peu égoïste, mais j’ai de la peine à me sentir responsable, même si je ne peux pas en vouloir aux autres, qui n’ont pas triché. J’ai pu voir l’équipe contre Sion (ndlr: victoire de Lausanne 2-0) samedi. Elle a fait un bon match, mais il est encore très tôt pour savoir ce qu’on vaut. On pourra avoir une meilleure opinion après quelques matches de championnat.

Manuel Gremion