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Le tennis dans la peau
Emilie Chablaix. © Michel Duperrex

Le tennis dans la peau

30 septembre 2021

Emilie Chablaix veut tenter de percer. La championne vaudoise M14 de double dames met tout en œuvre pour ça.

Toute petite, elle suivait les matches de Roger Federer avec son papa. Et c’est en voyant celui qu’elle appelait alors «Goger», que la petite fille d’alors 2 ans a affirmé qu’elle voulait faire du tennis.

Elle est déterminée, Emilie Chablaix. Après des années à taper la balle à un bon niveau, la joueuse d’aujourd’hui 13 ans a fait le choix, durant l’été, de passer à la vitesse supérieure et de se donner une chance de percer.

«On s’est posé la question de savoir ce qu’elle voulait faire, raconte son papa, Marc Chablaix. On l’a toujours vue hyper motivée par le sport, mais elle n’avait jamais osé nous dire qu’elle voulait devenir joueuse de tennis – elle est très réservée, ce que je comprends, j’étais pareil à son âge –, jusqu’à cette fois où elle a exprimé clairement son souhait. Ce qui a été déterminant, car le projet vient d’elle.»

D’un coup, le clan Chablaix a tout mis en œuvre pour donner à Emilie la chance de taper dans la balle le plus possible. Elle s’entraîne ainsi au TC Chamblon, pour les cours privés, au TC Yverdon, pour les cours collectifs, et fait aussi partie du TC Bercher, avec qui elle dispute le Team Challenge, une sorte d’interclubs d’automne.

La voilà qui passe huit à neuf heures par semaine sur les courts – un volume appelé à augmenter encore –, auxquelles il faut ajouter quatre heures d’entraînement physique. Le tout, notamment grâce à des allègements scolaires. Elle est même suivie par une coach mentale pour les ados, au sein d’une cellule pour les jeunes sportifs.

Toute cette structure et, surtout, ce rythme de sportive semi-professionnelle sont nécessaires à la progression de la joueuse domiciliée à Chanéaz. Actuellement classée R3, Emilie Chablaix se lance avec un peu de retard sur les toutes meilleures Suissesses de sa classe d’âge. Elle fait néanmoins partie des cadres vaudois –  ce qui lui a valu de s’entraîner sous l’œil expert de Timea Bacsinszky – et suprarégionaux. Fin août, elle s’est hissée en finale des Championnats vaudois M14 et a remporté le double dames avec la Leysinoise Shaana Giupponi. Les heures passées sur le court, elle adore ça, le tennis, elle l’a dans la peau. Attaquante dans l’âme, elle doit encore apprendre à mieux gérer ses émotions lorsque les choses ne tournent pas en sa faveur.

Son professeur au TC Chamblon, Patrick Thomet, loue la volonté de sa protégée: «Emilie est une fille introvertie, mais surtout appliquée, à l’écoute et qui aime se dépasser. Elle n’a pas peur de mouiller le maillot.» Le discours de son papa va dans le même sens. «On croit en son potentiel, elle mérite les efforts qu’on fait, affirme-t-il. Elle montre chaque jour qu’elle en veut.» La famille se donne trois ans pour voir où elle arrive. Emilie Chablaix esquisse un sourire. Elle sait où elle veut aller.

 

Petite, elle voulait être entraînée par Federer

Généralement, il faut attendre que les enfants soient scolarisés pour qu’ils puissent démarrer le mini-tennis. Emilie Chablaix, elle, savait bien avant d’aller à l’école ce qu’elle voulait faire. Du coup, à 2 ans, elle a eu droit à un cours donné par Serge Meylan, alors entraîneur du TC Yverdon. La réaction de la fillette? Elle était très déçue de ne pas voir Roger Federer arriver pour sa leçon privée!

Finalement, elle a commencé les cours à 3 ans et demi à Chamblon, avant de taper la balle à Echallens et Romanel, notamment.

Manuel Gremion