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«Ma grand-mère m’a appris à garder les pieds sur terre»

28 février 2019 | Edition N°2446

Yverdon-les-Bains  –  Nadia Mettraux a pris la tête de l’Association pour le développement du Nord vaudois, le 1er février. La nouvelle directrice souhaite notamment donner davantage de visibilité à l’entité.

On avait connu le bureau du directeur de l’Association pour le développement du Nord vaudois (ADNV), situé au numéro 1 de la place de la Tannerie à Yverdon-les-Bains, rempli d’une multitude de dossiers. Il y a quelques mois encore, des dizaines d’ouvrages sur le marketing et les finances occupaient les rayons de la bibliothèque. Il ne reste de cette époque, pas si lointaine, que quelques exemplaires de la Revue historique vaudoise.

Si les étagères sont presque vides aujourd’hui, le mur d’à côté, lui, est garni d’une quantité impressionnante de post-it roses, verts et jaunes. Les mots clés «compétence», «stratégie», «visibilité» et «valeur» y sont inscrits au feutre noir. «J’ai besoin de visualiser les choses pour les mettre en pratique», explique Nadia Mettraux, qui a repris les rênes de l’ADNV le 1er février, à la suite du départ de Jean-Marc Buchillier. D’ici à  la livraison du tableau blanc qu’elle a commandé, les billets aux couleurs vives font l’affaire. Car s’il y a bien une chose qui caractérise cette quadragénaire, c’est son pragmatisme. Un trait de caractère qui lui vient peut-être de sa grand-mère andalouse, qui a quitté son pays pour venir travailler aux usines Paillard à Sainte-Croix. C’était dans les années 1960. «D’elle, j’ai appris à garder les pieds sur terre et à travailler avec honnêteté», confie Nadia Mettraux.

A la recherche de solutions

Née en 1976 à Boudevilliers, dans le canton de Neuchâtel, Nadia Mettraux a passé son enfance dans le Val-de-Travers avant d’effectuer un CFC d’employée de commerce. Après une formation en économie à la Haute Ecole de gestion de Neuchâtel, elle a décroché un MBA en stratégie marketing à l’Université de Genève. Si elle reconnaît que ce cursus lui a apporté des outils pour mieux comprendre les enjeux économiques et stratégiques en matière d’entrepreneuriat, la nouvelle directrice fonctionne surtout à l’instinct. «J’aime résoudre des problèmes et surtout chercher des solutions», poursuit-elle.

Après avoir travaillé durant treize ans dans le milieu des transports publics, et notamment occupé un poste de cadre chez CarPostal, Nadia Mettraux se réjouit de relever de nouveaux défis à la tête de l’ADNV. «Lors de mon deuxième assessment, je me suis rendue à Yverdon-les-Bains et j’ai interrogé douze personnes. Je leur ai demandé si elles connaissaient l’ADNV et si elles pouvaient m’expliquer de quoi il s’agissait. Seule une personne a su me répondre», explique-t-elle. Et d’ajouter: «C’est assez rageant de se rendre compte que l’association, qui soutient et met en valeur de nombreux projets dans le Nord vaudois, manque autant de visibilité.»

De nouveaux réseaux

Parmi les projets qui se dessinent, un lui tient particulièrement à cœur. «Plus de 300 entreprises sont membres de l’ADNV, indique-t-elle. Jean-Marc Buchillier avait lancé un partenariat avec le Centre vaudois de gestion des programmes d’insertion (CGPI), mais j’aimerais renforcer les échanges avec les sociétés de la région. Lorsque des personnes se retrouvent au chômage, elles devraient pouvoir réaliser un stage en entreprise d’au minimum six mois avec un vrai certificat de travail à la clé.» Selon Nadia Mettraux, il est nécessaire de travailler de manière transversale: «J’ai la capacité de mettre les gens en réseau et d’éveiller l’intérêt des uns et des autres pour faire germer de nouveaux projets.»

L’économiste souhaiterait  par ailleurs que l’ADNV intègre le Smart City Hub Switzerland, une plateforme qui promeut le concept de ville intelligente en matière de tourisme, de technologie et de transports, notamment. «A ma connaissance, aucune association régionale, qui plus est romande, n’a encore rejoint ce type de projet», observe cette femme divorcée, qui vient d’emménager à Yverdon-les-Bains.

Si les premières semaines de travail se sont révélées assez denses, Nadia Mettraux s’est immédiatement sentie très bien accueillie au sein de sa nouvelle équipe. «C’est comme si j’avais toujours été là. J’ai tout de suite constaté que mes collaborateurs aiment les projets qu’ils réalisent et qu’ils travaillent avec bienveillance. C’est de bon augure pour la suite.»

 

Valérie Beauverd