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Les perspectives économiques sont positives

28 décembre 2017 | Edition N°2153
  • Lausanne – Pascal Broulis, conseiller d’Etat sainte-crix en charge du Département des finances et des relations extérieures, s’est exprimé sur les différents enjeux qui attendent le Canton de Vaud et la région du Nord vaudois pour l’année 2018.
Le grand argentier du Canton de Vaud voit l’avenir avec optimisme. ©Carole Alkabes

Le grand argentier du Canton de Vaud voit l’avenir avec optimisme.

A l’heure de dresser le bilan de l’année 2017, le Sainte-Crix Pascal Broulis a évoqué les différentes perspectives du Canton de Vaud, mais aussi du Nord vaudois, pour l’année prochaine. Rencontre dans son bureau lausannois.

Démographie

Depuis que le Conseil d’Etat a décidé d’harmoniser le calcul de la population avec le modèle de la Confédération, qui prend non seulement en compte la population résidente permanente, mais aussi les fonctionnaires internationaux et les requérants d’asile établis depuis plus d’un an en Suisse, le Canton de Vaud a vu sa population augmenter statistiquement de 7800 résidents. «Si l’on observe les chiffres de plus près, on remarque que le nombre de fonctionnaires internationaux s’élève à 2472 personnes et qu’ils se trouvent essentiellement dans la région de Nyon, analyse Pascal Broulis. Inversement, on constate que les requérants d’asile (ndlr : on en dénombre 5286) sont domiciliés principalement dans les régions de Lausanne, de l’Est vaudois et du Nord vaudois.»

 

Emploi

Selon les résultats de la statistique des entreprises pour l’année 2015, le Canton de Vaud enregistrait 435 000 emplois, ce qui équivaut à 350 000 emplois à plein temps, soit 8,7% du total suisse. «On observe un léger tassement du chômage. On a créé plus de postes que prévu, même si la capitale vaudoise enregistre une croissance inférieure au reste du canton», remarque le conseiller d’Etat. Alors que dans le domaine de la construction, on assiste à une diminution du nombre d’emplois, soit moins d’un poste sur dix. La croissance est plus marquée dans d’autres branches, comme la santé, l’enseignement ou encore la transition numérique.

Le secteur primaire, qui regroupe l’agriculture, la sylviculture et la pêche, a également connu une légère baisse. «En Suisse, on voit chaque année 3000 entreprises de ce secteur arrêter leur exploitation, c’est inquiétant, juge le Sainte-Crix. Même s’il y a des marchés de niche, le secteur primaire dans le canton de Vaud ne représente plus que 2,6% de l’emploi.»

 

Cohésion sociale

En 2016, 3,3% de la population suisse a bénéficié de l’aide sociale. «On s’aperçoit qu’il y aura, à l’avenir, un déséquilibre considérable entre les bénéficiaires de l’AVS, ceux qui travailleront et les jeunes en formation. A ce rythme-là, un fossé va se créer. Le filet social est valable autant pour le riche que pour le pauvre. Mais si les personnes qui sont à l’aide sociale ne sont pas intégrées dans les cinq ans, cela représente un risque considérable pour la cohésion sociale.»

 

Frontaliers

Au deuxième trimestre 2017, le Canton de Vaud a franchi la barre des 30 000 frontaliers, soit une hausse de 4,1% par rapport à la même période l’année précédente. Cette progression est plus forte qu’au niveau national (3,5%). Les deux tiers de ces frontaliers sont actifs dans le secteur tertiaire, principalement dans le commerce (17%) et dans le domaine de la santé et de l’action sociale (13%). Plus d’un quart des frontaliers travaillent dans le district du Jura-Nord vaudois (26%). Selon le conseiller d’Etat en charge des finances, le Canton de Vaud fait vivre 1,5 million de personnes à l’étranger.

«La zone frontalière représente sept milliards de salaire brut, c’est monstrueux, déclare Pascal Broulis. Nous sommes un réel partenaire pour l’Europe et nous avons un vrai rôle à jouer. Nous sommes résolument ouverts, xénophiles et intégrateurs.»

 

Finances

«Avant d’être Suisse, je me sens Vaudois, affirme le magistrat. En matière de fiscalité, les cantons ont la souveraineté et doivent garder la main sur les impôts.» Le grand argentier du Canton n’est pas peu fier d’avoir contribué à assainir les finances vaudoises depuis 2003. Le Canton avait un déficit de 385 millions de francs. En parallèle, il a pris des mesures pour le contrôle des dépenses, afin de décrocher la notation triple A, très enviée par d’autres cantons.

 

Attractivité économique

Au niveau de l’attrait économique, l’Arc lémanique a connu plusieurs séries de délocalisations, en 2016 déjà, avec la perte de nonante emplois au siège international de l’entreprise Nissan, à Rolle, le transfert d’emplois de l’assureur Generali Suisse de Nyon à Adliswil (ZH) et la délocalisation d’une partie de la société Thermo Fischer du site d’Ecublens en République tchèque. L’annonce, en novembre dernier, de la délocalisation d’une partie de la production du groupe zurichois électrotechnique ABB en Pologne a suscité de nombreuses inquiétudes.

Malgré ces mauvaises nouvelles, le patron des finances se veut rassurant : «Il convient de rappeler que le groupe biopharmaceutique Incyte (lire La Région Nord vaudois du 8 novembre) s’installera sur le site d’YParc, à Yverdon-les-Bains, une première depuis 2012. L’entreprise investira plus de 100 millions de francs pour la création de septante places de travail. Si la Municipalité yverdonnoise est intelligente, elle pourrait saisir l’opportunité que représente la RIE III (ndlr : Réforme fiscale des entreprises), pour obtenir de nouvelles implantations sur le parc scientifique et technologique.»

 

Europe

«Je suis déçu que la Suisse plie aussi facilement le genou dans les négociations avec Bruxelles et ne soit pas plus stricte», déplore le Nord-Vaudois. Nous sommes un petit Etat fort, ne l’oublions pas. Quand on aura atteint dix millions d’habitants, on sera plus crédibles, ou du moins on sera entendus.»

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Valérie Beauverd